Représentant du Soudan à l’ONU : « les Émirats financent une milice qui tue notre peuple et détruit nos infrastructures »

Le représentant permanent du Soudan auprès des Nations unies, l’ambassadeur Al-Harith Idriss, a vivement critiqué les Émirats arabes unis, les accusant de fournir un soutien militaire et logistique aux Forces de soutien rapide (FSR) et de contribuer directement à la prolongation de la guerre au Soudan.
Intervenant devant l’Assemblée générale des Nations unies, Al-Harith Idriss a dénoncé ce qu’il a qualifié d’ingérence étrangère dans la crise soudanaise, estimant que le soutien apporté aux FSR par des parties extérieures constitue l’un des principaux facteurs de prolongation du conflit et d’aggravation de la situation humanitaire.
Le diplomate soudanais a affirmé que Khartoum avait transmis aux Nations unies des rapports et des documents contenant des éléments attestant du soutien des Émirats aux FSR, notamment à travers des fournitures militaires, des services logistiques ainsi que des réseaux destinés au transport de combattants et de matériel.
Al-Harith Idriss a notamment accusé Abou Dhabi de fournir des armes aux FSR et de contribuer à alimenter la catastrophe humanitaire au Soudan, en se référant aux éléments contenus dans les rapports du Groupe d’experts des Nations unies sur le Soudan et de la Mission internationale d’établissement des faits.
Il a également accusé les Émirats de soutenir des opérations visant à déstabiliser le Soudan, citant notamment le recrutement de mercenaires étrangers, la falsification de monnaie, la contrebande de minerais ainsi que des attaques contre des infrastructures essentielles, notamment les réseaux d’eau, d’électricité et les installations liées à l’approvisionnement alimentaire.
Le représentant soudanais a en outre évoqué une tentative de mise en place d’une administration parallèle à Nyala, dans le Darfour-Sud, qu’il a présentée comme faisant partie des efforts visant à fragmenter les institutions de l’État soudanais.
Al-Harith Idriss a indiqué que les services de renseignement soudanais ont également établi que des combattants des FSR et des mercenaires étrangers avaient bénéficié, à l’étranger, d’une formation avancée à l’utilisation de drones armés, de systèmes d’artillerie et de défense antiaérienne, avant leur déploiement au Soudan. Il a affirmé que ces opérations étaient coordonnées par l’intermédiaire de sociétés enregistrées aux Émirats arabes unis.
Le diplomate soudanais a ainsi dénoncé ce qu’il considère comme une implication directe d’Abou Dhabi dans le conflit, affirmant que les accusations portées par Khartoum sont étayées par des documents transmis aux Nations unies.
Le Soudan rejette les accusations sur les armes chimiques
Al-Harith Idriss a également rejeté les accusations des Émirats, selon lesquelles les Forces armées soudanaises auraient utilisé des armes chimiques.
Il a accusé les Émirats de contribuer à la propagation de ces accusations, qu’il a qualifiées d’allégations dépourvues de fondement technique, destinées à porter atteinte aux Forces armées soudanaises.
Le représentant soudanais a demandé que toute accusation concernant l’utilisation d’armes chimiques soit étayée par des preuves techniques répondant aux normes de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
Il s’est notamment interrogé sur la prétendue existence de prélèvements environnementaux, d’analyses de sols ou d’examens biologiques réalisés sur les victimes susceptibles de démontrer l’utilisation de telles armes.
Al-Harith Idriss a enfin accusé les Émirats de chercher, à travers ces accusations, à affaiblir les Forces armées soudanaises qui défendant le pays face aux FSR.
« Les accusations des Émirats sont fausses (…) contre les Forces armées soudanaises qui défendent le pays contre une milice financée par les Émirats, qui tue notre peuple, viole nos femmes et détruit nos infrastructures », a-t-il déclaré.




