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Manchester City dans la tourmente : les scandales émiratis empoisonnent la Premier League

Le vernis du football-business se fissure à Manchester City. Depuis le rachat du club par des intérêts liés à Abou Dhabi, le géant anglais s’est transformé en machine à titres, accumulant les trophées et les stars à coups d’investissements colossaux. Mais derrière cette spectaculaire réussite sportive se dessine une tout autre réalité : une longue saga judiciaire et financière qui menace désormais sérieusement l’image du club, sur fond de liens étroits avec des fonds et des propriétaires émiratis.

Au cœur de la tempête : 115 accusations de violations présumées des règles financières de la Premier League, portant notamment sur la période allant de 2009 à 2018, soit les neuf premières saisons sous la direction d’ Abu Dhabi, ainsi que sur le manque de coopération reproché au club pendant l’enquête. Les accusations concernent notamment la transmission d’informations financières jugées inexactes, des contrats de sponsoring soupçonnés d’avoir été artificiellement gonflés et des paiements liés aux rémunérations de dirigeants et de joueurs.

La commission indépendante chargée du dossier a retenu la responsabilité de Manchester City sur la quasi-totalité des charges examinées. Une conclusion explosive pour le football anglais, compte tenu de l’ampleur des sommes et de la période concernée.

Depuis 2012, Manchester City s’est imposé comme la puissance dominante du football anglais. Huit titres de Premier League, de nombreuses coupes nationales et une Ligue des champions remportée en 2023 ont consacré une ascension fulgurante. Une métamorphose difficile à dissocier des moyens financiers déployés depuis l’arrivée de la propriété d’Abou Dhabi.

Le contraste est saisissant : un club autrefois relégué jusqu’au troisième niveau du football anglais à la fin des années 1990 est devenu, en quelques années, une véritable multinationale du ballon rond. Des centaines de millions de livres ont été investis dans les transferts, le stade, l’académie et la constitution d’un véritable empire de clubs.

Mais cette success-story, longtemps présentée comme un modèle de transformation sportive, se retrouve désormais rattrapée par les soupçons qui entourent son financement. Les documents révélés par Der Spiegel en 2018 avaient notamment mis en lumière des éléments suggérant que des fonds liés au propriétaire avaient contribué à financer une partie des contrats de sponsoring attribués à des entreprises émiraties.

L’enquête de Der Spiegel a fait l’effet d’une bombe, révélant non seulement des manipulations financières, mais aussi une approche impitoyable au sein de la nouvelle direction, en totale contradiction avec l’image publique, a écrit le quotidien britannique The Guardian.

Dans un courriel, l’avocat interne de Manchester City, Simon Cliff, a écrit que Khaldoon Al Mubarak, figure politique et économique influente d’Abu Dhabi, conseiller de longue date du cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyan, refusait une sanction financière suite à une précédente enquête de l’UEFA concernant les pertes considérables subies par le club en 2012 et 2013.

Cliff a écrit : « Il préfère dépenser 30 millions d’euros pour engager les 50 meilleurs avocats du monde afin de poursuivre l’UEFA pendant les dix prochaines années. »

Le cœur du dossier touche précisément aux règles censées empêcher les clubs les plus riches de transformer leur puissance financière en avantage sportif démesuré. Les accusations visant City portent notamment sur des informations financières, les revenus de sponsoring et le respect des règles de rentabilité et de soutenabilité financière.

Une situation particulièrement embarrassante pour la Premier League : son club phare se retrouve accusé d’avoir contourné les mécanismes mêmes destinés à préserver l’équilibre économique de la compétition.

L’enjeu dépasse désormais les résultats de Manchester City. Il touche directement à la crédibilité de la Premier League et à la stratégie d’influence internationale associée à l’investissement émirati dans le sport.

L’éventail des sanctions prévues par le règlement de la Premier League va de l’amende à la déduction de points, voire à l’exclusion de la compétition. Une éventuelle sanction lourde pourrait donc bouleverser l’histoire récente du championnat anglais et relancer les débats sur la légitimité de certains résultats obtenus durant la période visée.

(Al24News)

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