RDC : la lutte contre Ebola ne doit pas reléguer au second plan les besoins vitaux des populations

Le Coordinateur humanitaire de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC), Damien Mama, a alerté sur le risque de voir la lutte contre le virus Ebola reléguer au second plan les besoins vitaux des populations, appelant à un renforcement simultané de la riposte à Ebola et de l’aide d’urgence.
« Alors que nous nous concentrons à juste titre sur l’éradication d’Ebola, nous ne devons pas perdre de vue la crise humanitaire plus large. Les deux réponses doivent aller de pair », a-t-il déclaré vendredi lors d’un point de presse à Genève.
Un impératif d’autant plus pressant que l’épidémie frappe un pays déjà confronté à une crise humanitaire majeure. Désormais présente dans sept provinces et 64 zones de santé, Ebola a déjà fait 4.750 morts, selon le dernier bilan publié par le ministère congolais de la Santé.
Le taux de létalité s’élève à 48,2 %, avec 2.259 patients guéris et 890 personnes hospitalisées ou placées en quarantaine, d’après le dernier rapport sur la situation épidémiologique.
L’épidémie d’Ebola mobilise les efforts, mais derrière l’urgence sanitaire, des millions de Congolais continuent de subir les violences, les déplacements et la précarité.
Dans ce contexte, l’enjeu est double : contenir une épidémie meurtrière tout en maintenant l’aide aux populations fragilisées par les conflits et les déplacements. Pour l’ONU, il ne s’agit pas de choisir entre deux urgences, mais de les affronter ensemble.
Pour le Coordinateur humanitaire de l’ONU, l’urgence sanitaire ne doit pas compromettre les acquis humanitaires obtenus au prix de lourds efforts.
Plus de 6,1 millions de personnes ont été déplacées par les violences, tandis que plus de 26 millions souffrent d’insécurité alimentaire. La malnutrition touche également plus de 4 millions d’enfants de moins de cinq ans.
Selon l’OCHA, les déplacements, la faim et l’insécurité limitent l’accès aux soins, tandis que les perturbations des services de santé et les difficultés d’accès des humanitaires compliquent à la fois la réponse d’urgence et la lutte contre l’épidémie. Des crises étroitement liées, dont les effets se renforcent mutuellement.
Mama réclame un accès humanitaire durable, une meilleure protection des civils et des humanitaires, et un renforcement simultané de la riposte à Ebola et de l’aide d’urgence.
A Genève, il a appelé les Etats membres à maintenir leur engagement : le plan humanitaire, qui nécessite 2,13 milliards de dollars pour aider 10,7 millions de personnes, accuse encore un déficit d’un milliard de dollars.
APS




