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Maroc : quand la pauvreté condamne des citoyens à vivre sans jamais consulter un médecin

Au Maroc, de nombreux citoyens n’ont jamais pu consulter un médecin faute de moyens, tandis que le roi Mohammed VI est crédité d’une fortune estimée à 5,7 milliards de dollars, le plaçant parmi les monarques les plus riches d’Afrique et du monde.

Dans les campagnes marocaines, des hommes et des femmes vivent sans avoir jamais bénéficié d’une consultation médicale ni effectué la moindre analyse, faute de moyens financiers et d’infrastructures sanitaires dignes de ce nom.

Une réalité accablante qui met en lumière les profondes inégalités sociales du royaume, alors que la fortune de Mohammed VI et les intérêts économiques de la famille royale contrastent avec la précarité d’une grande partie de la population.

Au Maroc, se soigner reste un luxe pour des milliers de citoyens. Dans les villages reculés, notamment dans les zones rurales marginalisées, des habitants passent des années, parfois toute leur vie, sans consulter un médecin ni réaliser un examen médical. Non pas parce qu’ils sont épargnés par la maladie, mais parce que la pauvreté, l’éloignement des structures de santé et le coût des soins les privent de l’accès le plus élémentaire à la médecine.

Cette situation, rapportée par la presse marocaine, révèle les défaillances persistantes d’un système de santé incapable de répondre pleinement aux besoins des populations les plus vulnérables.

Pour ces citoyens oubliés, consulter un médecin implique souvent de parcourir de longues distances, de payer le transport, les analyses, les médicaments et parfois l’hébergement dans une ville éloignée. Des dépenses insurmontables pour des familles dont les revenus suffisent à peine à couvrir les besoins quotidiens.

Dans de nombreuses localités rurales, la prévention demeure pratiquement inexistante. Les habitants ne se rendent dans un dispensaire que lorsque la douleur devient insupportable ou que leur état de santé se dégrade dangereusement. Les examens de routine, le dépistage précoce et le suivi médical régulier restent hors de portée d’une grande partie de la population.

Les témoignages de plusieurs citoyens marocains, diffusés sur les réseaux sociaux ou relayés par les médias, met en évidence l’accumulation des obstacles : manque de sensibilisation, éloignement des hôpitaux et des laboratoires, et coûts de déplacement incompatibles avec les ressources des habitants. Autant de facteurs qui relèguent la santé au second plan, non par choix, mais par nécessité économique.

Les conséquences peuvent être dramatiques. Certaines personnes âgées perdent progressivement la vue, persuadées que cette dégradation est une conséquence inévitable du vieillissement, alors qu’une intervention médicale pourrait parfois leur permettre de retrouver une meilleure vision. D’autres vivent avec le diabète ou l’hypertension sans suivi approprié, jusqu’à l’apparition de complications touchant notamment les reins ou les membres.

Le constat est tout aussi préoccupant dans les dispensaires de proximité. Les établissements ruraux manquent de personnel, de médicaments et d’équipements. Plus souvent, un infirmier ne serait présent qu’un jour par semaine. Des structures qui existent parfois davantage sur le papier que dans leur capacité réelle à assurer une prise en charge médicale régulière.

Même lorsqu’une consultation est théoriquement accessible, le transport jusqu’à l’établissement de santé, les examens complémentaires et l’achat de médicaments peuvent suffire à décourager les patients.

Dans les villages éloignés, l’absence d’équipements de diagnostic et de spécialistes oblige souvent les malades à se déplacer vers les grandes villes, aggravant encore la charge financière.

Une fortune royale qui souligne le fossé social

Cette précarité prend une dimension particulièrement frappante lorsqu’elle est mise en regard de la richesse de la monarchie marocaine. Selon une estimation de Forbes datant de 2015, la fortune personnelle de Mohammed VI s’élevait alors à environ 5,7 milliards de dollars. Ce chiffre, ancien, ne constitue pas une estimation actualisée de son patrimoine, mais il illustre l’ampleur des richesses attribuées au souverain.

À cette fortune s’ajoutent les intérêts économiques de la famille royale, notamment à travers Al Mada, un fonds d’investissement présent dans plusieurs secteurs stratégiques, et Siger, une holding privée associée aux activités de la dynastie alaouite. Les participations dans la banque, l’assurance, les mines, l’immobilier, l’agriculture et le tourisme témoignent du poids économique considérable de cet ensemble.

Le patrimoine royal fait également régulièrement l’objet de publications consacrées aux résidences, aux propriétés immobilières et aux moyens de transport de luxe associés au souverain et à la famille royale.

Ce contraste entre les richesses concentrées au sommet et les difficultés quotidiennes des populations les plus fragiles soulève une question fondamentale de justice sociale. Alors que des investissements considérables sont associés aux intérêts économiques de la famille royale, des citoyens demeurent incapables de financer des soins élémentaires.

La santé, révélateur d’un Maroc profondément inégalitaire

Le drame de ces Marocains qui n’ont jamais pu consulter un médecin dépasse largement la question des infrastructures sanitaires. Il met en lumière un profond fossé social entre les catégories privilégiées, notamment celles associées au Makhzen et à son cercle rapproché, qui disposent d’un accès facilité aux soins, et les populations démunies, pour lesquelles la pauvreté transforme la maladie en une menace permanente.

Pour ces citoyens marginalisés, l’absence de diagnostic et de prise en charge médicale peut condamner des pathologies pourtant traitables à évoluer vers des complications graves, mettant en péril leur santé, leur autonomie et parfois leur vie.

(Al24News)

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