RDC: l’UNICEF avertit contre le risque d’aggravation de la situation humanitaire

La situation humanitaire en République démocratique du Congo (RDC), à l’épicentre de l’épidémie d’Ebola, risque de s’aggraver si la résurgence du redoutable virus monopolise les efforts et met un frein aux autres soins auprès d’une population vulnérable, a mis en garde vendredi le directeur régional du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).
« Le virus évolue très vite et s’étend très vite », a déclaré à la presse le directeur de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Gilles Fagninou, de retour d’une mission en Ituri, province du Nord-Est congolais et épicentre de la crise.
« La plus grande crainte aujourd’hui, c’est que nous ayons une mémoire courte et qu’on se focalise exclusivement sur Ebola », a-t-il averti, rappelant que l’épidémie évolue dans une région en proie à d’autres problématiques sanitaires telles que « les questions de choléra, les questions de polio et même des problèmes simples comme l’accès des femmes aux maternités pour l’accouchement ».
La RDC a déclaré le 15 mai la 17e épidémie d’Ebola de son histoire. Celle-ci est causée par le virus Bundibugyo pour lequel il n’existe ni vaccin, ni traitement. Un essai clinique portant sur deux traitements a récemment été lancé.
L’ampleur réelle de l’épidémie est difficile à mesurer, épidémiologistes et humanitaires craignant que la crise ne dure encore plusieurs mois. Selon le dernier bilan officiel des autorités sanitaires congolaises publié jeudi, la maladie a contaminé 1.792 personnes et fait 625 morts.
Avec des structures de soins en manque général de moyens, la riposte contre Ebola doit s’intensifier mais parallèlement, l’effort doit être maintenu « sur toutes les autres préoccupations sanitaires », a plaidé Fagninou, soulignant la nécessité d’éviter de tomber dans une situation humanitaire « pire que par le passé ».
APS




