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« Un génocide législatif » : les avocats du Maroc poursuivent leur grève ouverte, faute de perspective de sortie de crise

Les avocats du Maroc poursuivent leur grève nationale dans toutes les juridictions du Royaume pour protester contre le nouveau projet de loi jugé très restrictif sur la profession d’avocat, ainsi que contre ce qu’ils qualifient de « génocide législatif » mené par le gouvernement du Makhzen, après l’annulation par le bureau de l’Association des barreaux du Maroc de la réunion prévue vendredi 10 juillet 2026.

« Nous portons une revendication claire : mettre fin à ce génocide législatif et la violence législative exercés par la majorité gouvernementale, laquelle a malheureusement perdu la confiance du peuple », a déclaré Mohamed Nouini, président de l’Espace marocain des droits de l’homme, qui avait pris part au rassemblement ouvert organisé par l’Association des barreaux du Maroc devant le Parlement à Rabat, lundi 6 juillet 2026.

« Notre exigence est l’élaboration d’un texte de loi qui serve réellement les intérêts des citoyens. Le projet actuel représente un recul dangereux en matière de droits et libertés, en contradiction avec les conventions internationales, notamment les Principes de La Havane qui définissent les règles de l’exercice de la profession d’avocat », a-t-il ajouté.

Selon le même interlocuteur, les négociations entre les avocats protestataires et le ministère de Justice sont dans une impasse totale.

Les avocats marocains rejettent plusieurs amendements apportés au projet de loi controversé sur l’organisation de la profession, estimant qu’ils constituent une violation des engagements pris par le chef du gouvernement et un « reniement des consensus et des accords antérieurs » conclus entre les deux parties lors de la réunion de février dernier.

La crise a franchi un nouveau seuil avec le lancement d’un sit-in ouvert devant le Parlement à Rabat, marqué par une large participation de bâtonniers en exercice, d’anciens responsables des barreaux et de militants associatifs. Arborant des brassards rouges, les avocats ont voulu signifier la gravité de la situation et dénoncer une « régression législative ».

Le mouvement de protestation, lancé le 15 juin par une grève d’une semaine, s’est progressivement durci, l’Association des barreaux du Maroc — qui regroupe 17 instances professionnelles — ayant décidé de transformer l’arrêt de travail en grève illimitée, les avocats rejetant des amendements qu’ils estiment porter atteinte à l’indépendance de la profession et au droit de la défense.

La paralysie des juridictions se traduit par des retards dans le traitement des dossiers et l’impossibilité pour les citoyens de déposer des plaintes. Cette grève affecte directement les droits des justiciables et accentue la pression sur le gouvernement.

Le bras de fer entre les avocats et le ministre de la Justice marocain illustre un climat de tension inédit. Les avocats accusent l’exécutif de renier les engagements pris lors des concertations de février dernier. « Notre combat, hélas, semble s’orienter vers une impasse », a déploré Mohamed Nouini de l’Espace marocain des droits de l’homme.

(Al24News)

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