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Pérou : les manifestations se poursuivent pour obtenir le départ de la présidente Dina Boluarte

Les manifestations contre la présidente Dina Boluarte se poursuivaient vendredi à Lima comme à l’intérieur du Pérou au lendemain d’un grand rassemblement dans la capitale.

Des affrontements violents ressemblant à une véritable bataille se déroulent notamment à Arequipa, deuxième ville du pays.

Les manifestants lançaient des pierres et ont allumé des feux autour du pont Anashuayco, pour tenter de progresser vers l’aéroport qui reste fermé.

Les forces de l’ordre — police et armée — répondaient avec des tirs de grenades lacrymogène, selon des médias.

Des heurts avaient aussi lieu dans la région de Puno (sud), selon un photographe de l’AFP et dans le département de La Libertad dans le nord du pays, selon des images de la télévision.

Jeudi soir, les autorités ont étendu l’Etat d’urgence déjà en vigueur à Lima, Cuzco, Callao et Puno, à l’Amazonie (est), Tacna (sud) et La Libertad (nord).

« La lutte va se poursuivre dans toutes les régions jusqu’à la démission de Boluarte et jusqu’à la satisfaction des autres revendications: des élections cette année et un référendum pour une Assemblée constituante », a déclaré à Geronimo Lopez, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Pérou (CGTP).

Les troubles au Pérou ont fait 45 morts depuis le 7 décembre. Ils ont éclaté après la destitution et l’arrestation du président de gauche Pedro Castillo, accusé d’avoir tenté un coup d’Etat en voulant dissoudre le Parlement qui s’apprêtait à le chasser du pouvoir.

Les manifestations organisées jeudi à Lima par des habitants des Andes ont fait 38 blessés, dont des policiers, selon le ministère de l’Intérieur.

En soirée, la présidente Dina Boluarte a une nouvelle fois appelé au calme à la télévision.

« Au peuple péruvien, à ceux qui veulent travailler en paix (…) et à ceux qui protestent : je ne me lasserai pas de les appeler au bon dialogue, de leur dire que le pays a besoin de solutions pour l’eau, la santé, l’éducation, l’agriculture, l’élevage, plus de ponts, plus de routes… »

Mais elle a aussi menacé ceux « qui génèrent les actes de violence », promettant que les forces de l’ordre agiront « avec fermeté ».

L’aéroport de Cuzco, capitale touristique du pays, a rouvert ses portes à la mi-journée mais le train vers le célèbre site du Machu Picchu est toujours suspendu.

Au moins 300 touristes étrangers et locaux sont bloqués dans la zone, le train étant l’unique moyen de se rendre dans le joyau inca. En décembre, des touristes avaient également été bloqués sur le site avant d’être évacués.

APS

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