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Maroc : violente répression d’un mouvement étudiant contre des exclusions contestées

Un sit-in ouvert organisé par des étudiants exclus de l’Université Ibn Tofail de Kénitra devant le ministère de l’Enseignement supérieur à Rabat a été marqués par une répression policière brutale.

Les forces de l’ordre du Makhzen ont dispersé par la violence vingt-deux jeunes qui réclamaient l’annulation de leur exclusion jugée arbitraire. Les témoignages font état de coups, d’agressions physiques, de destructions de banderoles et de slogans, ainsi que de restrictions imposées aux manifestants et aux soutiens présents. Plusieurs étudiants ont été blessés, confirmant la gravité de l’intervention.

L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) a dénoncé une violation flagrante du droit à la protestation pacifique, garanti par la Constitution et les conventions internationales.

« Les étudiants en sit-in ont annoncé qu’ils mèneraient une nuitée pacifique devant le siège du ministère. Cependant, ils ont été la cible d’une intervention sécuritaire violente visant à disperser le sit-in  par la force, accompagnée d’agressions physiques, de restrictions contre les manifestants et les solidaires, ainsi que de la destruction de plusieurs banderoles et slogans », s’est indigné l’association des droits humains.

L’organisation a critiqué une approche sécuritaire persistante du Makhzen dans la gestion du dossier, qui privilégie la répression au détriment du dialogue.

L’association a exigé l’annulation immédiate des décisions d’exclusion jugées arbitraires, la fin de la gestion sécuritaire du dossier étudiant, ainsi que la protection physique et morale des jeunes mobilisés.

Le recours aux brutalités policières par le Makhzen s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les autorités et le mouvement étudiant. Plusieurs militants de l’Union nationale des étudiants du Maroc ont déjà été arrêtés et jugés, tandis que les décisions d’exclusion continuent de peser sur les étudiants concernés.

L’AMDH exige l’annulation immédiate de ces mesures, la protection physique et morale des jeunes mobilisés, et l’ouverture de négociations sérieuses pour garantir le droit à l’éducation et les libertés syndicales.

Pour sa part, l’Union nationale des étudiants du Maroc a condamné avec la plus grande fermeté la violente répression policière contre les étudiants manifestants, ainsi que les agressions et provocations qui l’ont accompagnée, dénonçant une « escalade grave et provocatrice ».

« Dans une escalade grave et provocatrice, le sit-in ouvert mené par les étudiants expulsés de l’Université Ibn Tofail devant le ministère de l’Enseignement supérieur a été la cible d’une intervention violente visant les manifestants, dans une tentative désespérée d’imposer le fait accompli et de briser leur volonté de lutte », a dénoncé l’organisation dans un communiqué.

« Cette intervention a été marquée par des pratiques répressives brutales, telles que la destruction de banderoles et de slogans, des agressions contre les étudiants et la tentative de disperser leur sit-in pacifique par la force », a-t-elle ajouté.

Elle a estimé que « ce comportement répressif ne traduit que l’incapacité des autorités responsables à apporter une réponse politique ou administrative aux revendications justes et légitimes des étudiants expulsés, et leur choix renouvelé de l’entrave et de l’intimidation plutôt que du dialogue et de l’écoute ».

(Al24News)

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