La vague de chaleur s’étend vers l’est de l’Europe, les hôpitaux submergés

La vague de chaleur inédite qui frappe l’Europe depuis le début de la semaine avec son cortège de pollution s’étend vers l’est du continent, entraîne l’annulation d’événements avec des températures à plus de 35 C pour 150 millions de personnes, et les hôpitaux sont submergés.
Des médecins en Grande-Bretagne et en France ont prévenu que les hôpitaux peinaient à faire face à la chaleur et à l’afflux d’appels d’urgence.
Le Royaume-Uni a battu vendredi son record de chaleur pour un mois de juin pour la troisième journée consécutive, avec 36,9 C.
Les autorités ont fait état de centaines de morts en Espagne et de bien d’autres dans le reste de l’Europe, notamment plusieurs enfants laissés dans des voitures surchauffées, comme ce bébé de 18 mois oublié par un de ses parents mardi à Marseille (sud de la France) et dont la mort a été annoncée vendredi.
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a jugé « possible » vendredi que cette vague de chaleur soit un phénomène inédit par son ampleur, même s’il est encore prématuré de l’affirmer.
Dans tous les cas, le changement climatique d’origine anthropique est « sans équivoque » responsable de ce phénomène, souligne de son côté le groupe de scientifiques du World Weather Attribution (WWA).
L’Allemagne, où le record absolu de température a été battu vendredi avec 41,3 C à Sarrebruck (sud-ouest), à la frontière française, est touchée par une chaleur extrême qui va concerner presque toutes les régions du pays jusqu’à la fin de la semaine, indique le Service météorologique national (DWD).
Depuis minuit, une alerte rouge est en vigueur pour la première fois dans une grande partie des Pays-Bas, où les autorités déconseillent de prendre la route et où la plupart des écoles ont fermé.
En Belgique, ce sont les passagers de deux trains Eurostar – un Cologne-Paris puis un Paris-Amsterdam – tombés en panne qui ont dû être évacués en pleine canicule.
Dans les pays déjà affectés par des records de chaleur depuis plusieurs jours à l’instar de la France ou de la Grande-Bretagne, les hôpitaux commencent à être saturés, les cellules de crise sont activées et les décès comptabilisés: des personnes âgées, des malades chroniques, des enfants, des adolescents, des personnes à la rue. La chaleur tue, par noyade, hyperthermie, crise cardiaque.
Le système hospitalier britannique (NHS) est « à bout de souffle », a constaté la Dr Hilary Williams, vice-présidente du Royal College of Surgeons, qui a fait part de sa « stupéfaction » devant le niveau de chaleur.
En Italie, 18 villes parmi lesquelles Rome et Milan sont en alerte rouge, et la canicule n’affecte pas que les humains. Dans le delta du Pô, au nord-est, les lagunes sont en surchauffe.
En Suisse, le chef des services de surveillance des glaciers, Matthias Huss, tout juste redescendu d’une inspection sur le Glacier du Rhône, a déclaré avoir constaté un effet « très impressionnant » de la canicule. « Nous avons constaté une fonte d’environ un mètre en hauteur verticale, donc un mètre de perte de glace en seulement dix jours », a-t-il dit.
L’extension de la vague de chaleur à l’Est se traduit par une alerte rouge en République tchèque pour samedi et dimanche et le record de 40,4 C à Prague en 2012 devrait être battu.
La Hongrie voisine se prépare à faire face au niveau d’alerte maximal samedi, avec 38 à 40 C attendus.
Les Balkans se préparent aussi à la canicule à partir de samedi, l’intégralité de la côte adriatique croate étant déjà en alerte rouge vendredi.
APS




