ONU : Ghaza traverse « la pire crise économique jamais observée » dans le monde

Le territoire palestinien de la bande de Ghaza traverse actuellement la « pire crise économique jamais observée » dans le monde, a alerté jeudi l’agence de l’ONU pour le commerce et le développement (Cnuced).
« L’effondrement de l’économie de Ghaza constitue la crise économique la plus grave jamais enregistrée dans le monde, anéantissant des décennies de développement », a déclaré devant la presse à Genève Pedro Manuel Moreno, secrétaire général de la Cnuced par intérim, à l’occasion de la publication d’un rapport par l’organisation.
« A Ghaza, le secteur du logement a subi les dommages les plus lourds, estimés à 19 milliards de dollars pour 2025, l’activité industrielle et la production agricole ont, quant à elles, reculé de 94%, avec 1,5% des terres cultivables exploitables et accessibles à ce jour, ce qui implique une dépendance totale à l’aide alimentaire humanitaire », a-t-il précisé.
Selon le rapport, qui repose notamment sur des données de la Banque mondiale et du Bureau central palestinien de statistique, « le conflit a détruit des centaines de milliers d’emplois » , entraînant une perte cumulée de revenus du travail estimée à 2,8 milliards de dollars depuis 2023. Aujourd’hui, « plus de 90% de la population de Ghaza en âge de travailler est sans emploi », note l’organisation.
Les opérations militaires de l’entité sioniste ont détruit 92% des établissements économiques, indique encore la Cnuced, rappelant que le montant nécessaire au redressement et à la reconstruction de Ghaza, est estimé à 71,5 milliards de dollars, mais il « risque encore d’augmenter ».
Le rapport détaille aussi le durcissement des contraintes pesant sur l’activité économique en Cisjordanie, où l’organisation fait état « d’un accès réduit aux terres et aux ressources naturelles lié à l’expansion des colonies ».
La Cnuced signale également une augmentation des déplacements forcés et l’intensification en 2025 des restrictions imposées à la circulation des personnes et des marchandises. « Il faudra plusieurs années à la Cisjordanie et bien plus d’une décennie à Ghaza pour retrouver le niveau de PIB par habitant qui était le leur avant la crise », a évalué le rapport, insistant sur la crise budgétaire traversée par le gouvernement palestinien et la menace pesant sur le secteur bancaire local, menacé d' »effondrement ».
La grave détérioration budgétaire s’explique selon le rapport par le fait qu e l’entité sioniste a procédé plus fréquemment à des prélèvements sur les recettes palestiniennes, par la baisse des recettes budgétaires induite par la contraction du PIB et par le manque d’aide étrangère. Pour soutenir les populations et reconstruire les infrastructures, le gouvernement palestinien emprunte donc massivement à des banques locales et puise dans la caisse de retraite palestinienne tout en accumulant les retards de paiement envers les prestataires privés, a-t-il poursuivi.
Dans son rapport, la Cnuced a indiqué qu’une fois un « cessez-le-feu permanent obtenu », la communauté internationale devra mobiliser une aide financière et technique « de grande envergure » pour « inverser activement la dynamique de dé-développement à œuvre depuis des dizaines d’années » sur ces territoires.
(APS)




