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Les Emirats alimentent l’islamophobie à travers le financement de groupes terroristes

Plusieurs enquêtes journalistiques internationales et des rapports européens ont mis en lumière le rôle des Emirats dans l’exacerbation de l’islamophobie, à travers le financement de groupes terroristes et la conduite de campagnes hostiles à l’islam et aux musulmans en Occident.

L’objectif, à l’évidence, est d’inciter les gouvernements européens à adopter des politiques plus strictes à l’égard des musulmans et ternir l’image de l’islam, se présentant comme le seul modèle d' »islam modéré » que l’Occident devrait soutenir, et qualifiant les autres d' »extrémistes » et « terroristes » qu’il convient de combattre.

Un récent rapport de l’organisation de défense des droits humains FairSquare alerte sur le fait que les Emirats, dans le cadre de leur lutte contre l’islam et les mouvements prônant un « islam politique », soutiennent des groupes terroristes et entretiennent des relations douteuses avec les partis d’extrême droite les plus radicaux d’Europe.

Le rapport, rédigé par Alex Carlin, directeur de la recherche chez FairSquare, intitulé « Le Parti de la Réforme et les Emirats arabes unis : une menace pour la politique britannique », examine le renforcement des liens entre les Emirats et le parti britannique d’extrême droite Reform UK, dans le cadre d’une stratégie émiratie plus large visant à nouer des alliances avec l’extrême droite occidentale et à influencer les politiques des nations démocratiques.

Le rapport affirme que les éléments disponibles attestent d’une convergence politique entre Abou Dhabi et ce parti et souligne que le dirigeant de ce dernier (Nigel Farage, NDLR) n’appréciait guère les Emirats, qu’il qualifiait en 2023 de « monarchie absolue au bilan déplorable en matière de droits humains ».

Parallèlement, plusieurs hauts responsables du mouvement se sont installés aux Emirats. Le rapport met également en lumière le rôle des médias et des personnalités publiques britanniques dans la promotion du discours émirati, et inscrit ce phénomène dans un contexte plus large de pressions politiques et de campagnes de diffamation.

Le rapport cite GB News en exemple, ce média ayant manifesté une forte volonté de diffuser ces récits. Il souligne que les Emirats arabes unis ont eu recours à une combinaison de diplomatie de pression et de tactiques illicites et déstabilisatrices en Grande-Bretagne pour atteindre leur objectif politique.

Le rapport souligne également la stratégie émiratie, consistant à rechercher des partenaires dans plusieurs autres pays européens, dont la France, où Abou Dhabi a apporté un soutien clandestin à Marine Le Pen, -connue pour son hostilité envers l’islam- par le biais de rencontres secrètes. Parallèlement à leur normalisation avec l’occupation sioniste suite à la signature des accords d’Abraham, ils ont exploité les craintes des Occidentaux inquiets pour affirmer que les mouvements politiques islamiques constituent une forme d’extrémisme idéologique émanant de l’islam.

Le chercheur britannique Andreas Krieg avait déjà constaté que les Emirats associaient l’islam au terrorisme en Europe et promouvaient le phénomène d' »islamophobie » par le biais de leurs réseaux d’influence en Occident, critiquant ce qu’il a décrit comme l’ingérence des Emirats dans la diffusion de discours anti-islamiques dans les milieux européens. Les Emirats ont également joué ce rôle en jetant le doute sur les imams et les érudits musulmans.

Le 9 mars 2015, le prince héritier d’Abou Dhabi de l’époque déclarait que « la société allemande doit être vigilante quant aux personnes qui prêchent dans les mosquées et à leurs enseignements ». Dans ce sens, des enquêtes européennes ont révélé la coordination entre la société suisse Alp Services et les Emirats à cet égard.

Selon des informations divulguées, les services de renseignement émiratis ont versé plus de 5,5 millions d’euros à cette société pour constituer des dossiers sur plus de 1 000 personnes en Europe et transmettre illégalement les noms de militants aux services de renseignement émiratis. L’objectif était de les discréditer et de les qualifier de terroristes en les associant à des groupes extrémistes, contribuant ainsi à une méfiance généralisée envers les musulmans et l’islam.

Dans le même contexte, un rapport de l' »European Eye » avait précédemment révélé que les Emirats finançaient des groupes de lobbying en Europe afin d’influencer les politiques et d’améliorer leur image. Le rapport accusait Abou Dhabi, l’un des pays qui dépensent le plus au monde en lobbying, d’avoir lancé un site web multilingue visant à entraver et à déformer l’image des communautés musulmanes en Europe.

(APS)

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