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Emirats arabes unis : les travailleurs étrangers victimes d’exploitation

Les Emirats arabes unis font l’objet de critiques concernant le traitement des travailleurs étrangers, ce pays étant pointé du doigt pour les mauvais traitements infligés à ces travailleurs et qui incluent la confiscation des papiers, des arnaques au recrutement et au niveau des salaires. Les atteintes aux droits des travailleurs ne se limitent pas aux lieux de travail, mais commencent déjà avec les intermédiaires et les agences de recrutement.

Au milieu de l’année en cours, le consulat général de l’Inde à Dubaï a mis en garde contre des arnaques ciblant des ressortissants indiens commises par des agences de recrutement non agréées. Celles-ci récoltent des données biométriques, sous prétexte de rechercher des possibilités d’emploi au profit de ces personnes, alors qu’elles les utilisent pour ouvrir des comptes bancaires, demander des prêts ou encore retirer des cartes de crédit.

L’information a été reprise par le journal « Indian Express » qui a expliqué que les victimes risquaient l’emprisonnement ou, dans les meilleurs des cas, se retrouver accablées par les dettes. De son côté, le journal népalais « My Republica » a indiqué, dans un article publié juillet 2024, que 54 Népalais avaient obtenu des contrats de travail aux Emirats pour exercer comme jardiniers.

Ils se sont retrouvés dans des zones isolées frontalières, où ils ont été contraints d’effectuer des tâches qui n’avaient aucun lien avec celles stipulées dans leurs contrats. Selon le même média, ces travailleurs ont été enfermés dans de petites pièces et privés de nourriture, d’eau et de soins élémentaires. Le journal bangladais « The Daily Star » a signalé, le 14 septembre courant, que les Emirats ont annulé les visas de 4000 Bangladais.

Un chiffre qui a atteint, par la suite, les 4800, selon une source au ministère des Affaires étrangères de ce pays. En raison de cette mesure, un grand nombre de travailleurs n’ont pu rejoindre leurs postes aux Emirats. Selon ce journal, le gouvernement bangladais a tenté de régler cette question diplomatiquement en invitant les Emirats à revenir sur leur décision, au moment où les victimes de cette décision ont demandé des aides financières.

La fragilité de la situation des étrangers vivant aux Emirats s’étend aussi à leurs droits civiques. Le journal pakistanais Dawn a indiqué, le 19 septembre courant, que la Haute cours de Lahore a ordonné au ministère pakistanais des affaires étrangères d’enquêter sur des informations faisant état de la détention de deux citoyens pakistanais, dont un homme ayant disparu, en 2024, et qui s’est avéré être détenu par les autorités émiraties.

L’épouse de cet homme a assuré que la famille n’avait pas eu de nouvelles de lui depuis deux ans et ignorait ce que la justice émiratie lui reprochait, précise le média. Ces cas se recoupent avec les données fournies par l’organisation non gouvernemental (ONG) « Human Rights Watch » dans son rapport mondial pour l’année 2026. Concernant la situation des travailleurs étrangers aux Emirats, le rapport a évoqué, entre autres, le vol des salaires, les frais illégaux de transfert des travailleurs depuis leurs pays d’origine, la confiscation des passeports, autant de dépassements qui, dans certains cas, s’apparentent à du « travail forcé », estime l’ONG.

(APS)

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