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La RDC intensifie la riposte contre Ebola, une épidémie jugée « très complexe » par le chef de l’OMS

La République démocratique du Congo (RDC) intensifie sa riposte face à une épidémie d’Ebola en progression rapide, qualifiée de « très complexe » par le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, arrivé jeudi soir à Kinshasa, capitale de la RDC.

Ce dernier est attendu à Bunia, chef-lieu de la province orientale de l’Ituri, épicentre de cette nouvelle flambée de l’épidémie d’Ebola, la 17e enregistrée dans ce pays d’Afrique centrale depuis 1976, afin d’évaluer la situation sur le terrain et d’appuyer la riposte. « J’aurais souhaité être ici dans une meilleure situation, et non pour une nouvelle épidémie », a déclaré le directeur général de l’OMS à la presse à son arrivée à Kinshasa.

« C’est une épidémie très complexe », a-t-il dit, citant notamment le conflit, l’insécurité, les déplacements de population, l’insécurité alimentaire et la méfiance des communautés parmi les principaux obstacles au contrôle de la maladie. L’épidémie, causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, s’est déclarée le 15 mai dans la province de l’Ituri.

Selon un récent rapport de situation publié par le ministère congolais de la Santé, le pays a enregistré 1.077 cas suspects d’Ebola, 121 cas confirmés et 238 décès suspects. « Comme nous le savons, il s’agit d’une épidémie régionale. Nous le disons parce qu’au moins deux pays sont touchés : la RDC et l’Ouganda », a déclaré, pour sa part, le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), Jean Kaseya, lors d’un point de presse en ligne.

Il a indiqué que l’Ouganda avait rapporté huit cas confirmés, tandis que le CDC Afrique a classé onze autres pays comme exposés au risque, après avoir ajouté la Somalie à une liste précédente. « Nous nous attendons à une augmentation (…) parce que nous sommes encore dans cette phase active de l’épidémie », a-t-il dit. S’exprimant jeudi soir à Bunia, le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a souligné, quant à lui, qu’une grande partie des cas et décès annoncés restaient « suspects » et n’étaient pas tous des cas d’Ebola confirmés en laboratoire.

« Nous préférons nous tromper à la hausse plutôt qu’à la baisse », a-t-il dit. La souche Bundibugyo complique la riposte, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’étant actuellement approuvé contre ce type d’Ebola. Tedros Adhanom Ghebreyesus s’est dit encouragé par l’annonce du premier cas de guérison en Ituri, malgré que les outils médicaux demeuraient limités.

(APS)

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