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Elle fait l’objet d’intimidations, torture, viols et menaces : l’ONU enjoint le Maroc de protéger Sultana Khaya

L’ONU, et par la voix de sa rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits humains, vent de tancer sévèrement le Maroc, lui enjoignant de protéger la militante sahraoui des droits humains, Sultana Kaya.

«La défenseure sahraouie des droits humains Sultana Khaya m’a dit qu’elle était détenue en résidence surveillée depuis plus d’un an, incapable de sortir, de recevoir quelqu’un ou d’aller chez quelqu’un d’autre y compris chez le médecin même lorsqu’elle est malade», rapporte Mary Lawlor.

La rapporteuse spéciale des Nations- Unies souligne que Sultana Khaya «semble être en grave danger, sa santé se dégrade et est vulnérable à de nouvelles attaques», témoigne- t- elle.

Mettant en garde les autorités marocaines qui ont «l’obligation morale», a- t- elle insisté, Lawlor poursuit que « Sultana Khaya m’a raconté comment, après son arrestation en novembre 2020, elle a été détenue dans la maison de sa famille avec sa sœur et sa mère âgée, avec des dizaines d’agents de sécurité et que seule sa mère est autorisée à sortir pour aller chercher de la nourriture», s’indigne la rapporteuse de l’ONU., faisant remarquer qu’elle n’avait été inculpée d’aucun crime et qu’elle était prête à répondre à toutes les allégations portées contre elle.

Elle rappellera  qu’elle s’était jointe, en juin 2021, à d’autres experts indépendants des Nations unies pour interpeller les autorités marocaines sur le cas de Sultana Khaya, «qui est une éminente défenseure des droits humains depuis de nombreuses années», a-t-elle indiqué.

Mary Lawlor terminera son rapport par un témoignage autant précis que poignant et qui sonne comme un réquisitoire  accablant contre le régime du Makhzen.

«Une attaque contre elle en 2007 lui a fait perdre un œil et elle a été

victime de diverses attaques en raison de son travail en faveur des droits humains. Aujourd’hui, elle est détenue pour une durée indéterminée dans des conditions difficiles.

Sa maison a été dépouillée de presque tous les meubles et appareils électroménagers, et elle, sa mère et sa sœur dorment toutes dans la même petite pièce. Elle (Khaya) m’a dit que ces derniers mois, des agents de sécurité masqués avaient fait des descentes dans la maison à plusieurs reprises pendant la nuit, lui attachant les mains, lui bandant les yeux et la bâillonnant»,, a déploré Mme Lawlor.

Enfin, elle a mis en exergue le cri de détresse de la militante sahraouie qui dit «craindre constamment de nouvelles attaques», décrivant avec effroi et consternation comment, lors de deux de ces raids, «les assaillants lui ont injecté des substances inconnues et également jeté des liquides toxiques dans la maison», décapant les murs de la peinture et affectant sa santé.

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