
La pression migratoire s’intensifie à Ceuta. Des milliers de migrants marocains ont réussi, jeudi, à franchir le dispositif de sécurité espagnol au niveau du poste-frontière de Tarajal, certains après avoir rejoint l’enclave à la nage depuis les côtes de Fnideq. Des vidéos et des images, largement relayées sur les réseaux sociaux, montrent plusieurs d’entre eux quitter en courant le centre de contrôle frontalier avant de se disperser dans différents quartiers de l’enclave espagnole.
Selon des médias espagnols, les migrants étaient soumis aux procédures de contrôle et d’enregistrement dans la zone frontalière de Tarajal lorsqu’ils ont forcé collectivement le cordon de sécurité avant de prendre la fuite vers l’intérieur de la ville. La Garde civile et la Police nationale espagnoles ont engagé des opérations de recherche afin de les retrouver et de les regrouper.
Cette nouvelle tentative de passage massif intervient au troisième jour consécutif d’une importante vague migratoire vers Ceuta. Plus de 1 600 tentatives de franchissement auraient été enregistrées en quelques heures, tandis que les autorités locales font état de plus de 1 500 personnes secourues ou interceptées en une seule journée, ainsi que de nouveaux décès enregistrés en mer, signe d’une aggravation de la crise à la fois humanitaire et sécuritaire.
Les arrivées se poursuivent depuis plusieurs points du littoral, notamment Tarajal, Almadraba, Recinto et Juan XXIII. Les forces espagnoles restent mobilisées en mer et sur terre, avec l’appui des services de secours maritimes, alors que le brouillard complique les opérations de surveillance et d’intervention.
Face à l’ampleur des flux, les centres d’accueil pour migrants et mineurs à Ceuta ont atteint leur capacité maximale. Le président du gouvernement local, Juan Vivas, a estimé que la ville avait atteint ses limites face à la pression migratoire et a demandé une intervention urgente de Madrid pour renforcer les moyens sécuritaires et logistiques.
La situation rappelle la crise migratoire de mai 2021, considérée comme la plus importante de l’histoire récente de Ceuta, lorsque entre 8 000 et 12 000 personnes, majoritairement marocaines dont de nombreux mineurs, avaient rejoint l’enclave espagnole en deux jours.
Cette situation rappelle la crise de mai 2021, considérée comme la plus importante vague migratoire irrégulière de l’histoire récente de Ceuta. Entre 8 000 et 12 000 personnes, majoritairement marocaines, dont des milliers de mineurs, avaient alors réussi à rejoindre la ville en deux jours seulement, par la mer ou en franchissant les barrières frontalières. Une crise qui avait conduit le gouvernement espagnol à déployer l’armée et à envoyer des renforts sécuritaires, tandis que le Premier ministre Pedro Sánchez s’était rendu en urgence à Ceuta, sur fond de tensions diplomatiques inédites entre Rabat et Madrid.




