Un journaliste israélien révèle: Israël et le Maroc rééditent la guerre de 1963 contre l’Algérie

La visite du ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, au Maroc, n’est pas la première d’un responsable militaire hébreu ç Rabat. En 1963, le chef du Mossad s’est rendu au Maroc pour soutenir ce royaume dans la guerre contre l’Algérie.
Un journaliste israélien dévoile, dans un ouvrage, l’étroitesse des relations entre le Maroc et l’Etat hébreu et l’alliance entre les deux pays contre l’Algérie, notamment lors de “la guerre des sables” en 1963, à travers l’entraînement d’officiers marocains et un soutien multiforme apporté par Tel-Aviv. «Le Lien marocain » est le titre d’un livre préfacé par un ancien chef du Mossad, le service d’espionnage israélien, Ephraïm Halévy, et publié en hébreu par les éditions Matar, qui révèle les liens étroits entre Israël et le Maroc. L’auteur de l’œuvre rapporte qu’après le déclenchement de la guerre des sables, lorsque le Maroc attaque l’Algérie qui venait d’accéder à son indépendance, le chef du Mossad de l’époque, Meir Amit, doté d’un faux passeport, a rencontré à Marrakech le roi Hassan II pour lui déclarer: “Nous pouvons, et nous voulons vous aider.” Sans le moindre scrupule, le souverain alaouite a accepté l’offre israélienne. Lors du déclenchement de la Guerre des sables, en 1963, entre le Maroc et l’Algérie, le chef du Mossad, Meir Amit, doté d’un faux passeport, s’est rendu dans la région de Marrakech pour rencontrer le roi Hassan II, note le journaliste, cité par Philippe Gourmet dans son livre « Le Mossad en Algérie ». Il lui a assuré que le Mossad était prêt à lui apporter son aide et lui a fourni des informations déterminantes sur les unités égyptiennes (qui apportaient leur soutien à l’armée algérienne). Meir Amit a également préparé pour Hassan II un compte rendu sur les activités de l’opposition marocaine en Egypte, que le Mossad suivait de très près. Pour l’anecdote, et toujours en 1963, le colonel Dlimi s’était rendu pour la première fois en Israël avec un passeport israélien, qu’il avait récupéré auprès de l’ambassade d’Israël à Paris, note Philippe Gourmet. Des instructeurs israéliens ont formé des officiers marocains de l’armée de terre, des pilotes de Mig-17 soviétiques et des membres des services de renseignement. Ils ont aussi conseillé l’armée marocaine lors de la construction du Mur contre attaques du Front Polisario. Israël a également vendu des armes et de l’équipement militaire au Maroc, dont radars et chars. Ainsi des instructeurs de l’armée israélienne ont ensuite entraîné des officiers marocains, formé des aviateurs au pilotage de Mig-17 soviétiques, organisé ses services secrets, surveillé la construction de la barrière entre le Maroc et l’Algérie, vendu des armes, y compris des chars, et équipé des embarcations de pêche avec des radars pour les transformer en gardes-côtes. Voilà en gros ce qu’a fait Israël pour le Maroc pour lui permettre de prendre le meilleur sur l’Algérie, en vain. En effet, en dépit de tout ce soutien, la monarchie chérifienne n’a pas réussi à atteindre ses desseins, note le journaliste. En 2021, le ministre israélien de la Défense est arrivé au Maroc au moment où ce pays mène une guerre de propagande contre l’Algérie. Une guerre illustrée par l’assassinat par le Maroc de trois algériens bombardés par drones. Donc, en 1963, le chef du Mossad est arrivé au Maroc pour soutenir l’occupant qui venait de déclencher une guerre contre l’Algérie, et en 2021 le ministre israélien de la Défense Benny et Gatz est arrivé au Maroc au moment où le royaume mène une guerre contre l’Algérie.
Mounir Abi




