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Les Palestiniens commémorent le 78e anniversaire de la Nakba dans un contexte de génocide et de crise humanitaire

Le 15 mai 2026, les Palestiniens commémorent le 78e anniversaire de la Nakba, la « catastrophe » de 1948 qui a entraîné l’expulsion et le déplacement massif et forcé de près d’un million de Palestiniens de leurs villes et villages.

Alors que les cérémonies se déroulent en Cisjordanie, dans les camps de réfugiés et au sein des diasporas palestiniennes à travers le monde, cette journée de mémoire prend une résonance particulière dans le contexte de l’agression sioniste en cours à Ghaza et en Cisjordanie.

À Ramallah, un rassemblement officiel et populaire s’est tenu sous le slogan : « Nous ne partirons pas… nos racines sont plus profondes que vos destructions ». Des milliers de Palestiniens ont défilé, brandissant des drapeaux, des clés symbolisant le droit au retour et des pancartes portant les noms des villages détruits en 1948, selon l’agence de presse palestinienne WAFA.

Selon le Bureau central palestinien des statistiques, environ 957 000 Palestiniens ont été déplacés en 1948, sur une population estimée à 1,4 million. Plus de 530 villages ont été détruits et plus de 70 massacres ont été documentés.

Aujourd’hui, la diaspora palestinienne compte près de 15,5 millions de personnes, dont plus de la moitié vit dans l’exile.

À Ghaza, la mémoire de 1948 se mêle à une tragédie contemporaine. Pour des survivants comme Yusuf Abu Hamam, expulsé enfant de son village d’al-Joura en 1948, la situation actuelle est « pire que la Nakba », rapporte l’Associated Press. Son quartier du camp de Shati a été en grande partie détruit par les bombardements sionistes.

L’agression sioniste contre Ghaza a fait plus de 72 700 martyrs selon les autorités sanitaires palestiniennes. Près de 90 % des habitants de Ghaza ont perdu leur maison et vivent désormais dans des camps de fortune, exposés aux intempéries, aux maladies et à la faim.

Majida Abu Jarad, déplacée à plus de douze reprises avec ses six filles, décrit cette situation comme « une Nakba plus sévère que celle de 1948 », marquée par des déplacements multiples et une absence totale de stabilité. Ses enfants n’ont pas été scolarisés depuis plus de deux ans.

Les Nations unies estiment que plus de deux millions de personnes sont déplacées et confinées dans une partie réduite de la bande de Ghaza, dépendantes de l’aide internationale. Les infrastructures civiles – écoles, hôpitaux, logements – ont été massivement détruites. La ville de Rafah, autrefois peuplée de 250 000 habitants, a été rasée.

Le conflit a également entraîné un déclin démographique inédit : la population de Ghaza a chuté de 254 000 personnes en deux ans, soit une baisse de 10,6 %, selon l’agence palestinienne WAFA.

Comme en 1948, les Palestiniens tentent de sauver les traces de leur histoire. L’UNRWA, l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, a dû évacuer ses archives de Ghaza, transportant dans des valises des documents essentiels – certificats de naissance, de mariage, cartes de réfugiés – afin de préserver les droits des familles. Mais de nombreux souvenirs personnels, comme les photos de famille de Majida, ont été perdus sous les décombres.

« Des familles entières ont disparu des registres civils », témoigne Abu Hamam.

(Agences)

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