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Sahara occidental : l’Algérie défend le droit des réfugiés à l’autodétermination et démolit les allégations marocaines

L’Algérie a réaffirmé son attachement aux principes de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et dénoncé la baisse du financement humanitaire mondial, qui impose des charges supplémentaires aux réfugiés. Devant le Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), elle a également réfuté les allégations du représentant marocain concernant les réfugiés sahraouis, rappelant que leur situation est indissociable de leur droit inaliénable à l’autodétermination.

L’Algérie a exprimé, mardi à Genève, sa vive inquiétude face à la forte baisse du financement humanitaire à l’échelle mondiale, estimant que cette situation impose des charges supplémentaires aux réfugiés et revient à leur infliger une « double punition ».

Intervenant devant le Comité exécutif du HCR, le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU à Genève, Idris Latreche, a plaidé pour la préservation des engagements découlant de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, soulignant que l’aide et la protection internationales « ne sont pas des actes de charité », mais des droits fondamentaux auxquels les réfugiés peuvent prétendre tant que les causes profondes de leur exil ne sont pas résolues.

Cette exigence revêt une importance particulière dans le cas des réfugiés sahraouis, que l’Algérie accueille depuis plus de cinq décennies. À cet égard, le diplomate algérien a appelé la communauté internationale à maintenir et à renforcer son soutien à cette population déplacée de force, avertissant que tout regain d’intérêt pour son sort ne devait pas occulter le processus politique chargé de s’attaquer aux causes profondes de cette situation.

Trois vérités incontournables face aux allégations marocaines

En réponse aux allégations du représentant du Maroc, puissance occupante au Sahara occidental, l’Algérie a rappelé que toute action concernant les réfugiés sahraouis devait être guidée par les réalités du terrain et par trois vérités incontestables.

La première tient à l’origine même de leur déplacement. « Il ne s’agit pas de réfugiés fuyant des difficultés économiques, des conditions climatiques extrêmes ou des guerres civiles internes », a souligné Idris Latreche. Il s’agit, a-t-il précisé, de personnes déplacées d’un territoire non autonome, le Sahara occidental, dont le droit inaliénable à l’autodétermination demeure au cœur même de leur situation.

Cette réalité impose de replacer la question des réfugiés sahraouis dans son contexte politique et juridique, plutôt que de réduire leur situation à sa seule dimension humanitaire. Pour l’Algérie, la protection et l’assistance internationales sont indispensables, mais elles ne sauraient se substituer au processus politique destiné à traiter les causes profondes de leur exil.

La deuxième vérité concerne la transparence des camps de réfugiés sahraouis de Tindouf. Le représentant algérien a souligné que ces camps sont « ouverts et transparents », accueillant en permanence plus de cinq entités des Nations unies et plus de vingt organisations non gouvernementales internationales. Ils reçoivent également des visites régulières de donateurs, d’observateurs internationaux et de différents mécanismes onusiens.

Ces éléments, mis en avant par Alger, contredisent les insinuations mettant en cause les conditions de prise en charge des réfugiés sahraouis et soulignent la présence durable d’acteurs internationaux dans les camps.

La troisième vérité, défendue par l’Algérie, est que l’aide humanitaire ne doit en aucun cas être instrumentalisée à des fins politiques ni transformée en moyen de marchandage. L’assistance aux réfugiés doit rester guidée par les principes de protection et de solidarité, sans être détournée de sa finalité première.

L’aide humanitaire ne saurait occulter les responsabilités politiques

Réagissant aux allégations qu’elle a qualifiées d’infondées, l’Algérie a exprimé son regret, voire son étonnement, de voir la partie qu’elle tient pour responsable au premier chef de cette situation, à savoir l’occupation marocaine, prétendre donner des leçons à la Commission en matière de solutions durables.

Alger a estimé que le passage du déni total à la prétention d’incarner une référence morale relevait de l’opportunisme dans sa forme la plus odieuse, ajoutant que la communauté internationale n’ignorait ni les faits ni les racines de la situation au Sahara occidental occupé.

Dans cette perspective, l’Algérie a mis en garde contre le risque d’envoyer un mauvais signal au mauvais moment en brouillant les frontières entre les considérations humanitaires et les réalités politiques. Ces deux dimensions sont, selon elle, indissociables : répondre aux besoins immédiats des réfugiés ne doit pas conduire à occulter les enjeux politiques à l’origine de leur déplacement.

Tout regain d’attention pour la souffrance du peuple sahraoui doit ainsi s’accompagner d’un engagement renouvelé en faveur du processus politique chargé de traiter les causes profondes de la situation au Sahara occidental occupé.

À Genève, le message de l’Algérie repose sur une exigence claire : préserver les droits fondamentaux des réfugiés sahraouis, maintenir et renforcer l’aide internationale dont ils ont besoin et empêcher toute instrumentalisation de leur situation, sans jamais perdre de vue leur droit inaliénable à l’autodétermination.

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