Réelle volonté sur la voie de l’apaisement ou arrières pensées politique ?: la France décide d’ouvrir les archives sur la guerre d’Algérie

Grosse annonce, hier vendredi, de la ministre de la Culture française, Roselyne Bachelot, faisant état de l’ouverture des archives sur la guerre d’Algérie, «avec 15 ans d’avance» a-t- elle fait remarquer aux micros de RMC et BFMTV.
«Il faut avoir le courage de regarder la vérité historique en face» a commencé Bachelot, avant de préciser que les chapitres liés aux enquêtes judiciaires de la gendarmerie et de police, en rapport avec la guerre d’Algérie étaient concernés en premier chef.
Et d’y aller de son plaidoyer, soulignant qu’ « il fautavoir le courage de regarder la vérité historique en fac . Je veux que, sur cette question irritante, troublante, où des falsificateurs de l’histoire sont à l’œuvre, je veux qu’on puisse la regarder en face. On ne construit pas un roman national sur le mensonge»,dira la ministre en charge des archives françaises, notant que «C’est la falsification qui amène toutes les errances, tous les troubles et toutes les haines. À partir du moment où les faits sont sur la table, où ils sont reconnus, où ils sont analysés, c’est à partir de ce moment-là qu’on peut construire une autre histoire, une réconciliation».
Dans ce sens, Roselyne Bachelot conclura que si ce placard, méticuleusement cadenassé jusque- là, révélait «que des actes de torture ont été commis par l’armée française en Algérie, il serait de l’intérêt du pays que de le reconnaître» a-telle soutenu.
Intervenant dans une tension diplomatique extrême entre l’Algérie et la France, cette sortie d’un officiel français, qui plus est, sur une question qui a de tout temps fâché, interroge tout autant sur son timing que sur un modus operandi aux allures de déjà entendu.
De fait, et battant campagne pour l’élection de 2017, Emmanuel Macron avait eu à décréter que la colonisation, en Algérie avait été «un crime contre l’humanité». Mais le Président français, et dans la même ambiance électorale préludant l’échéance 2022 en Hexagone, a changé le fusil d’épaule, allant jusqu’ à remettre en cause l’existence historique et la souveraineté de l’Etat algérien.
Les relations entre les deux pays ont pris, alors, un sacré coup de froid, Alger rappelant son ambassadeur à Paris et interdisant son espace aérien aux avions militaires français en opération au Sahel.
Depuis, l’Elysée, le Quai d’Orsay, voire Matignon, n’ont eu de cesse multiplier des sorties médiatiques, et médiatisées, à l’effet d’atténuer l’impair de taille commis par Emmanuel Macron.
De tels signes, à priori, de bonne volonté viennent de culminer avec la visite de Jean Yves Le Drian, mercredi passé, à Alger où il à réaffirmé le souhait de la France «que le dialogue que nous relançons aujourd’hui pourra conduire à une reprise des échanges politiques entre nos deux gouvernements en 2022», a indiqué, entre autre, le chef de la diplomatie française.
Corrélation étroite entre cet évènement et l’annonce fulgurante de Roselyne Bachelot ? L’avenir très immédiat montrera la bonne volonté de la France ; ou alors des arrières- pensées politiques.




