Afrique

Premier Ministre  du Mali: « La France veut un gouvernement docile»

Interviewé par l’Agence Anadolu (AA), le Premier ministre malien de Transition Choguel Kokalla Maïga a répondu à une série de questions sur la situation sécuritaire et politique de son pays, notamment sur les facteurs ayant mené au coup d’État du 18 août 2020, ainsi que sur les relations entretenues par son gouvernement avec plusieurs acteurs internationaux notamment la Turquie.

Dans ce premier volet de l’entretien, le Premier ministre malien a accusé la France de jouer un rôle néfaste dans l’évolution de la situation sécuritaire et économique du Mali, imputant également une responsabilité à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Choguel Maïga a également évoqué les développements ayant mené à une collaboration renforcée du Mali avec la Russie.

Choguel Kokalla Maïga : « Depuis des mois, dans toutes les institutions financières internationales, la France, les représentants de la France, s’opposent à l’inscription de tout projet de développement concernant le Mali, à l’ordre du jour ; depuis des mois. Nous constatons que chaque fois qu’un sommet de la Cédéao est annoncé (on ne sait pas par quelle magie) les autorités françaises annoncent (parce qu’on dirait qu’ils sont au courant de la situation) que la Cédéao tiendra un sommet à telle date, qu’il y aura des sanctions. Donc, cela nous a amenés à dire que certainement la France est plus informée des conclusions que les chefs d’États de la Cédéao, a noté Choguel Kokalla Maiga à l’agence turque Anadolu.

« Je vais vous donner quelques illustrations avant de vous expliquer où est ce que nous en sommes. Nous avons observé que pendant 20 ans, sous le couvert de la lutte contre le terrorisme, la communauté internationale entre guillemets (parce que quand on parle de communauté internationale, il s’agit de quelques pays qui s’entendent et parlent au nom de tout le monde) est intervenue en Afghanistan pendant 20 ans. À la fin de ces 20 ans, un jour, ils ont décidé de partir. Et nous avons vu les Afghans, avec l’énergie du désespoir, qui s’accrochaient à des avions. Notre peuple tire les leçons de cela.

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