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Maroc : indignation face au silence du Makhzen sur les tragédies migratoires à la frontière de Ceuta

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a exprimé sa profonde indignation face au « silence » des autorités marocaines devant la multiplication des tragédies migratoires à la frontière avec l’enclave espagnole de Ceuta .

Dans un communiqué publié le 29 juillet, la section de Nador de l’organisation dénonce l’inaction des pouvoirs publics alors que les naufrages, les disparitions et les décès de jeunes Marocains continuent de se succéder sur la route migratoire vers l’Europe.

Des milliers de migrants ont afflué vers Ceuta, petit territoire espagnol voisin du Maroc, provoquant la mort d’au moins neuf personnes. Face à cette situation, l’Espagne a décidé de déployer son armée afin de rétablir l’ordre à sa frontière.

Des images vidéo ont montré des groupes de personnes, des Marocains, marchant sur les brise-lames de la plage de Tarajal pour rejoindre les routes locales. Si la majorité semblait être de jeunes hommes, on pouvait également apercevoir des familles avec des femmes et de jeunes enfants.

L’AMDH a affirmé avoir alerté à plusieurs reprises les ministères marocains des Affaires étrangères et de l’Intérieur, ainsi que le gouverneur de la province de Nador, sur la gravité de la situation. Selon elle, ces démarches sont restées sans réponse, à l’exception d’un retour du consulat d’Espagne à Nador, renforçant le sentiment d’abandon des familles des victimes.

L’AMDH estime que les autorités marocaines ne peuvent continuer à ignorer une crise humanitaire qui se déroule aux portes de Melilla. Elle souligne que de nombreuses familles vivent dans l’angoisse, sans nouvelles de leurs proches disparus en mer, tandis que d’autres attendent toujours l’identification des corps retrouvés sur les côtes marocaines ou espagnoles.

Dans son communiqué, l’association dénonce notamment l’absence de coopération institutionnelle efficace entre Rabat et Madrid pour permettre l’identification rapide des victimes grâce aux analyses ADN. Elle considère que cette défaillance porte atteinte au droit des familles de connaître le sort de leurs proches et contrevient aux principes fondamentaux du droit international humanitaire et des droits de l’homme.

L’organisation évoque également le cas d’un jeune Marocain dont le corps, retrouvé sur les côtes de Melilla à la fin du mois de juin, aurait été inhumé comme personne non identifiée sans que toutes les procédures permettant de déterminer son identité aient été épuisées. Pour l’AMDH, cette situation constitue une violation de la dignité des défunts et des droits de leurs familles.

Au-delà de la gestion des disparitions, l’association met directement en cause les politiques migratoires et socio-économiques du Makhzen menées dans le nord du Maroc.

L’association appelle les autorités marocaines à mettre un terme à leur silence, à instaurer un mécanisme permanent de coopération avec les autorités espagnoles pour accélérer l’identification des victimes et à accompagner les familles des disparus dans leurs démarches. Elle demande également la prise en charge publique du rapatriement des dépouilles afin de préserver la dignité des victimes et de mettre fin aux difficultés auxquelles sont confrontées leurs proches.

(Al24News)

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