ONU: plus des deux tiers de la population soudanaise ont un besoin urgent d’une aide vitale

Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Tom Fletcher, a alerté sur l’aggravation de la crise humanitaire au Soudan, soulignant que plus des deux tiers de la population du pays ont désormais un besoin urgent d’une aide vitale.
Lors d’un briefing au Conseil de sécurité consacré au Soudan, tenu lundi par visioconférence, M. Fletcher a indiqué que l’ONU avait recensé près de 1.400 décès parmi les civils au cours du premier semestre de l’année en cours, dont plus de 1.100 causés par des frappes de drones.
Ces chiffres concordent avec les dernières données du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme concernant les pertes civiles au Soudan. Il a ajouté que les combats à El-Obeid, dans l’Etat du Kordofan-Nord, s’étaient intensifiés, alors même qu’environ 15.000 familles sont arrivées dans la ville depuis la mi-juillet, accentuant la pression sur les sites de déplacement et les services, déjà arrivés à saturation.
Le responsable onusien a souligné que les villes de Dilling et Kadugli, dans le Kordofan-Sud, constituaient une priorité majeure pour la réponse humanitaire, tandis que la présence de l’ONU demeure extrêmement limitée dans le Kordofan-Ouest, récemment touché par une épidémie de choléra.
L’escalade des violences dans les monts Nouba a également isolé des communautés déjà confrontées à une insécurité alimentaire chronique.
Au Darfour-Nord, M. Fletcher a précisé que les combats et les frappes de drones continuaient d’entraver l’acheminement de l’aide, alors que des centaines de milliers de personnes ayant fui El-Facher vers la région de Tawila ont un besoin urgent d’assistance humanitaire.
Selon M. Fletcher, l’ONU est en bonne voie d’atteindre son objectif de fournir une aide alimentaire à 11,4 millions de personnes, mais reste encore loin des objectifs fixés dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’hébergement et de l’eau.
Par ailleurs, le responsable onusien a salué les progrès réalisés dans la réduction des obstacles bureaucratiques aux opérations humanitaires et remercié les autorités soudanaises ainsi que le gouvernement tchadien pour le maintien de l’ouverture du point de passage frontalier d’Adré, qui constitue l’une des principales voies d’acheminement de l’aide aux populations affectées.
Il a enfin appelé à « une diplomatie internationale soutenue e t plus audacieuse » afin de mettre fin au conflit qui secoue le Soudan depuis avril 2023, et qui oppose l’armée aux Forces de soutien rapide (FSR).




