Le Parlement péruvien suspend le débat sur les élections anticipées

Le Parlement péruvien a suspendu jusqu’à mardi le débat sur un projet de loi prévoyant la tenue d’élections anticipées dans une tentative de mettre un terme aux violentes manifestations qui exigent la démission de la présidente Dina Boluarte.
« Sur disposition du président du Parlement de la République, la séance plénière se poursuivra le mardi 31 janvier à 11H00 heure locale » (16H00 GMT), indique un communiqué du Parlement après sept heures et demie de réunions pour essayer de trouver un consensus.
Le vote pour avancer les élections à octobre 2023, qui tient le Pérou en haleine, vise à trouver une solution institutionnelle à la grave crise politique et sociale que traverse le pays depuis la destitution et l’arrestation le 7 décembre du président de gauche Pedro Castillo, accusé d’avoir tenté un coup d’Etat en voulant dissoudre le Parlement qui s’apprêtait à le chasser du pouvoir.
Sa vice-présidente, Dina Boluarte, a pris le relais, mais a dû faire face à de vives protestations dès les premiers jours de son mandat, en particulier dans les régions andines du sud du pays, où vivent des populations hi
storiquement défavorisées, qui soutenaient M. Castillo et voyaient son élection comme une revanche sur ce qu’elles considèrent être le mépris de Lima à leur égard.
Dans un message adressé au pays dimanche, Mme Boluarte a accentué la pression en demandant au Parlement d’avancer les élections, prévenant qu’à défaut, elle ferait pression en faveur de réformes constitutionnelles pour
les imposer.
« Votez pour le Pérou en faveur du pays en avançant les élections à 2023 et disons à tout le Pérou avec la plus grande responsabilité que nous partons tous », a-t-elle lancé.
La crise politique et sociale, qui en sept semaines a fait 48 morts, ne montre aucun signe d’apaisement. Dix autres personnes sont mortes dans des accidents liés aux barrages routiers dans différentes provinces du pays.
APS




