Le HCR alerte sur le manque de financement de l’organisation pour 2026

Le chef de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a alerté lundi sur le manque de financement de l’organisation pour 2026, dont seuls 35% des besoins sont couverts.
« Le HCR, les ONG nationales et internationales (…) doivent maintenir, voire intensifier, leurs interventions alors même que les financements se réduisent et deviennent plus aléatoires », a déclaré le Haut Commissaire aux réfugiés Barham Saleh, à l’ouverture de la réunion annuelle du Comité exécutif.
« Je suis conscient des contraintes budgétaires auxquelles les gouvernements sont confrontés » mais « il y a une différence entre faire plus avec moins et se voir demander l’impossible », a-t-il ajouté.
Au 9 octobre, les fonds disponibles s’élevaient à 3 milliards de dollars, soit 35% des 8,5 milliards nécessaires pour 2026. « Les prévisions actuelles pour 2027 s’établissent à environ 2,68 milliards de dollars », a indiqué M. Saleh.
« On ne peut exiger d’organisations qui luttent pour survivre qu’elles assurent la survie de millions d’autres personnes », a-t-il prévenu.
Comme de nombreuses organisations humanitaires, le HCR est durement touché par les coupes dans les budgets de l’aide internationale. Le HCR a réduit ses coûts et ses effectifs, renforcé ses contrôles financiers et recentré ses activités afin d’utiliser au mieux les ressources disponibles.
« Depuis 2024, près de 8.000 collègues ont quitté le HCR. Nos effectifs sont passés de près de 20.000 à un peu moins de 12.000 », a expliqué M. Saleh.
« Mais les gains d’efficacité ont leurs limites. A un certain stade, ils ne peuvent plus compenser la diminution des ressources », a-t-il averti, expliquant que le manque de financement menace notamment les soins et l’accompagnement des survivants de violences sexuelles au Soudan, la protection des enfants au Tchad et l’enregistrement de centaines de milliers de réfugiés en Ethiopie.
D’ici 2035, le HCR ambitionne de réduire de moitié le nombre de réfugiés en situation de déplacement prolongé qui dépendent de l’aide humanitaire.
Aujourd’hui, 14,5 millions de réfugiés dépendent de cette aide pour leurs besoins essentiels, a indiqué Saleh.
Le monde comptait 117,8 millions de personnes déplacées de force par la guerre ou d’autres formes de violences fin 2025, un chiffre en baisse pour la première fois depuis une décennie.
APS




