Incendies toujours non maîtrisés en France et en Espagne, la chaleur en embuscade

« Une situation très défavorable» : en France comme en Espagne, les pompiers se préparent lundi à une nouvelle journée de combat contre les gigantesques incendies qui ravagent la région bordelaise et la périphérie ouest de Madrid, à la veille d’un nouvel épisode météo de fortes chaleurs risquant de nourrir les brasiers.
Ces incendies ont déjà forcé plus de 325.000 personnes à fuir, notamment près de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, où les flammes se situent à 15 km de l’agglomération, mais aussi dans plusieurs régions espagnoles.
Après plusieurs journées de progression ininterrompue en Gironde, « la situation est restée globalement stable au cours de la nuit, sans évolution majeure à signaler », a écrit la préfecture lundi matin dans une boucle réservée aux médias.
Les pourtours du très touristique bassin d’Arcachon ont auparavant fait face dans la nuit de samedi à dimanche à un redoutable « pyrocumulonimbus » appelé « orage de feu », explique à l’AFP le lieutenant-colonel Éric Brocardi.
Les températures élevées annoncées pourraient aggraver les incendies, redoute la préfète (représentant de l’Etat) de la Gironde (sud-ouest de la France) Sophie Brocas.
Météo-France prévoit une probable vague de chaleur sur le sud-ouest à partir de mardi avec des maximales jusqu’à 40°C et des vents un peu moins forts mais plus secs.
Quelque « 115.000 hectares ont été parcourus » à ce stade par des incendies depuis le début de l’année en France, « bien plus que ce qu’on a pu connaître par le passé », a annoncé dimanche le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur une chaîne publique française, évoquant « 30 à 40 feux combattus simultanément » au quotidien.
Il a répété que sur le front des incendies en Gironde, dans les Landes (sud-ouest) et le Var (sud-est) notamment, la situation restait « très défavorable ».
Le brasier géant a englouti 240 habitations, et quelque 220.000 personnes ont été évacuées depuis mercredi.
Sara Aagesen, troisième vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique, a déclaré que les incendies touchant la région de Madrid ainsi que les provinces d’Avila et de Tolède avaient au total détruit plus de 77.000 hectares.
Les régions de Madrid, Avila et Tolède sont les zones les plus durement touchées, avec près de 100.000 personnes évacuées ou ayant reçu l’ordre de rester chez elles dans 46 communes. Un autre incendie, qui s’est déclaré ce week-end dans la province orientale de Castellon, a déjà affecté plus de 16.000 personnes dans 18 communes.
Des milliers de pompiers, appuyés par l’Unité militaire d’urgence (UME) ainsi que par des avions et des hélicoptères bombardiers d’eau, ont poursuivi la lutte contre les flammes dimanche.
Le lieutenant-général Francisco Javier Marcos Izquierdo, commandant de l’UME, a indiqué que les incendies d’Avila et de Madrid restaient distincts, et ne s’étaient rejoints que sur un « front discontinu très réduit » près de San Martin de Valdeiglesias. Les pompiers estiment avoir stoppé la progression des flammes entre les deux zones, bien que le périmètre de l’incendie n’ait pas encore été totalement sécurisé, a-t-il précisé.
S’exprimant depuis le poste de commandement avancé de Navalcarnero, à l’ouest de Madrid, Mme Aagesen a qualifié la situation de « complexe », soulignant que les équipes de secours intervenaient sur plusieurs fronts.
Elle a prévenu que de nouvelles évacuations pourraient être ordonnées si nécessaire, et a indiqué que les habitants évacués ne seraient autorisés à regagner leur domicile qu’une fois les conditions jugées sûres.




