Hydrocarbures : l’APPO prépare une plateforme africaine pour favoriser le contenu local dans les appels d’offres

L’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) s’apprête à lancer prochainement une nouvelle plateforme interactive visant à favoriser le contenu local dans les appels d’offres du secteur énergétique, a annoncé le secrétaire général de l’organisation, l’Algérien Farid Ghezali, appelant à un renforcement de la coopération continentale dans les projets d’hydrocarbures.
Dans un entretien, M. Ghezali, a précisé que cet outil numérique permettra de recenser les entreprises africaines et de publier des appels d’offres ouverts en priorité aux sociétés du continent.
Selon le premier responsable de l’APPO, l’Afrique dispose de compagnies nationales publiques et privées hautement qualifiées, capables de réaliser de grands projets industriels selon les standards internationaux.
Ce projet de centralisation, en phase finale de développement, ambitionne de donner naissance, d’ici fin 2026 ou début 2027, à un véritable bulletin africain des appels d’offres, sur le modèle du Bulletin des appels d’offres du secteur de l’énergie et des mines (BAOSEM) en Algérie, a-t-il expliqué.
La feuille de route de l’APPO pour l’année en cours (2026) met également l’accent sur le partage d’expériences, a ajouté M. Ghezali assurant que l’expertise de pays tels que l’Algérie, l’Angola ou le Nigeria en matière de développement du contenu local dans le secteur de l’énergie devait servir de levier pour les autres Etats membres.
L’organisation œuvre aussi au développement et au perfectionnement des ressources humaines, à travers la mise en place d’un plan africain de formation technique et académique, ainsi que la création d’un réseau de Centres de formation permettant à chaque pays d’identifier les cursus disponibles sur le continent pour former ses futurs cadres et techniciens.
Par ailleurs, la restructuration de l’organisation constitue un autre chantier majeur, selon M. Ghezali, élu à l’unanimité à la tête de l’association en décembre 2025.
A ce sujet, il a indiqué que cette restructuration vise à adapter l’institution aux évolutions du secteur énergétique mondial, en intégrant d’autres sources telles que l’électricité, le solaire et l’hydrogène.
L’expertise algérienne fortement sollicitée en Afrique
Tout en rappelant que 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, le secrétaire général a insisté sur la nécessité de valoriser localement le potentiel du continent.
« L’Afrique regorge de ressources onshore et offshore majeures qui attirent les grandes puissances en quête de stabilité et de fiabilité. Nous devons impérativement capitaliser sur cet atout pour attirer les investissements, mais selon nos propres conditions », a-t-il déclaré.
Un autre chantier important de l’APPO concerne l’harmonisation des codes pétroliers africains et l’optimisation des capacités de raffinage sur le continent, a souligné M. Ghezali, rappelant que l’Afrique exporte actuellement environ 70% de ses 7 à 8 millions de barils de brut produits par jour, en raison du manque d’infrastructures de transformation et de raffinage.
Pour remédier à cette situation, l’APPO a élaboré un modèle de raffinage mutualisé reposant sur cinq hubs régionaux (Afrique du Nord, de l’Ouest, de l’Est et australe), prévoyant la mise en place d’un écosystème intégré incluant oléoducs de distribution et complexes pétrochimiques.
« L’objectif est de transformer la matière première sur place afin de soutenir le tissu industriel africain », a-t-il relevé, ajoutant que cette approche suscite un vif intérêt auprès de plusieurs pays souhaitant rejoindre l’organisation, tels que la Mauritanie, le Mozambique ou la Guinée.
Dans cette dynamique d’intégration, l’expertise algérienne est fortement sollicitée par plusieurs pays africains, a-t-il indiqué, soulignant qu’elle bénéficie d’une reconnaissance dans plusieurs domaines tels que le gaz, la recherche, la distribution ou les réseaux électriques.
A l’initiative de l’Algérie, l’APPO a également lancé un projet de création d’une autorité africaine de régulation destinée à standardiser les normes techniques du marché continental.
« Notre rôle fondamental est de connecter les Etats membres afin de les faire avancer ensemble », a-t-il rappelé, estimant que la coopération constitue la colonne vertébrale de l’organisation, à travers les échanges d’expertise, les bonnes pratiques et la mise en relation des pays membres.
(APS)




