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France : l’ONU s’inquiète des violences lors des manifestations lycéennes, près de 6 900 gardes à vue recensées

Les violences policières lors des manifestations lycéennes en France suscitent de vives critiques, tandis que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exprimé vendredi son inquiétude face aux incidents ayant émaillé les rassemblements.

Depuis le début du mouvement, le 17 septembre, 6 877 gardes à vue ont été enregistrées, dont 86 % concernent des mineurs, selon le dernier bilan du ministère français de la Justice.

« Nous suivons avec inquiétude les incidents liés aux manifestations étudiantes et aux blocages de lycées en France, dont certains ont dégénéré en violences », a déclaré la porte-parole du Haut-Commissariat, Shabia Mantoo, lors d’un point de presse à Genève.

« Nous appelons chacun à veiller à ce que ces manifestations restent pacifiques et à ce qu’il n’y ait pas de recours disproportionné à la force de la part des forces de l’ordre. Le droit de réunion pacifique doit être respecté », a-t-elle ajouté.

Ces préoccupations interviennent dans un contexte marqué par de nombreuses critiques contre la réponse policière, alors que les images des interventions des forces de l’ordre, notamment lors des blocages de lycées et des rassemblements à travers le pays, alimentent la contestation.

Plusieurs lycéens ont été grièvement blessés lors de ces mobilisations. À Lens, dans le nord de la France, un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade lundi. À Tours, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil lors d’un blocus. Le parquet a évoqué des lésions « compatibles » avec un tir de lanceur de balles en caoutchouc.

Jeudi, à Paris, plusieurs dizaines de milliers de personnes réunies place de la Bastille ont été évacuées par les forces de l’ordre en début de soirée, avec un recours aux gaz lacrymogènes. Dans les cortèges, les slogans dénonçant les violences policières occupent désormais une place importante, aux côtés des revendications portant sur le manque de moyens dans les établissements scolaires.

Sur le plan judiciaire, le dernier bilan de la Chancellerie fait état de 6 877 gardes à vue depuis le début du mouvement. Outre la forte proportion de mineurs parmi les personnes concernées, 21 personnes ont été placées en détention provisoire, dont 15 majeurs et six mineurs. Plus de 2 000 personnes font également l’objet de poursuites judiciaires.

Les lycéens réclament notamment une amélioration des conditions d’apprentissage, la rénovation des établissements scolaires et la suppression de la sélection via la plateforme d’orientation Parcoursup.

Face à la persistance de la mobilisation et aux critiques visant les interventions policières, l’intersyndicale étudiante et professionnelle a appelé à de nouvelles manifestations et à la grève mardi prochain, quelques jours avant le début des vacances scolaires.

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