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Tunisie : Kais Saïed fustige une « ingérence flagrante » du Parlement européen

Le président tunisien, Kais Saïed a vivement dénoncé vendredi ce qu’il qualifie d’« ingérence flagrante » du Parlement européen, après l’adoption d’une résolution appelant « à la libération de personnes détenues en Tunisie ». Pour le chef de l’État, cette position de l’institution européenne constitue une atteinte directe à la souveraineté nationale et une intrusion inacceptable dans les affaires intérieures du pays.

En recevant le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, le président Saïed a affirmé que les discussions menées à Strasbourg sur la situation tunisienne relèvent d’une « ingérence manifeste » et s’inscrivent dans une logique interventionniste dépassée.

« Les Européens peuvent apprendre des leçons de notre part dans le domaine des droits et des libertés », a-t-il déclaré, rejetant toute tentative de présenter la Tunisie comme un État soumis à des injonctions extérieures.

Le chef de l’État a également rappelé qu’il avait convoqué, mardi, l’ambassadeur de l’Union européenne à Tunis, Giuseppe Perrone, afin de lui signifier une protestation officielle concernant le «non-respect des règles du travail diplomatique ». Cette démarche, selon lui, illustre la volonté ferme de Tunis de défendre sa souveraineté face aux attitudes perçues comme intrusives de la part de certains responsables européens.

La résolution du Parlement européen, adoptée à une large majorité — 464 voix pour et 58 contre —, appelle à la libération de plusieurs personnes détenues. La Tunisie considère cette prise de position comme injustifiée, partiale et motivée par des agendas étrangers qui ignorent les réalités du contexte national.

Kais Saïed a insisté sur le fait que les décisions souveraines prises par l’État tunisien sont exclusivement nationales et ne sauraient être influencées par des pressions extérieures. Il a également estimé que le timing choisi par certaines parties étrangères pour soulever cette question n’était pas innocent et visait clairement à provoquer une polémique, rappelant que la justice tunisienne avait statué le même jour, démontrant, selon lui, son indépendance.

« Quiconque cherche à défier la Tunisie recevra une réponse équivalente », a averti le président tunisien, réaffirmant la détermination du pays à défendre sa souveraineté et à rejeter toute forme d’ingérence extérieure, quelle qu’en soit l’origine.

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