Soudan : l’ONU alerte sur la situation humanitaire à El-Obeid

La situation humanitaire se détériore rapidement dans la ville soudanaise d’El-Obeid, où les camps de déplacés débordent avec l’arrivée de nouvelles personnes, a alerté l’ONU vendredi.
L’ONU avertit depuis des semaines que des atrocités similaires à celles commises lors de l’assaut des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) contre la ville d’El-Fasher, au Darfour, en octobre 2025, pourraient se répéter à El-Obeid.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU a indiqué que la population de cette ville avait pratiquement doublé, bien qu’il ne soit en mesure d’en nourrir qu’une fraction.
« La ville reste sous pression pour la nourriture, l’eau et le carburant », a déclaré Abdallah Alwardat, directeur du PAM pour le Soudan, après avoir visité El-Obeid jeudi.
La population de cette « ville de plus de 500.000 ou 600.000 habitants a presque doublé » en raison de l’afflux de personnes déplacées venues de la région du Kordofan, a-t-il expliqué en distanciel à des journalistes à Genève.
Alwardat a indiqué que plus de 120.000 personnes vivaient dans des camps, mais que beaucoup d’autres étaient hébergées par des communautés ou se construisaient leur propre abri.
Le PAM fournit une aide alimentaire à plus de 100.000 personnes dans les camps, « mais il y a beaucoup plus de personnes déplacées dans la ville et elles ont besoin d’une aide urgente », a ajouté M. Alwardat, qui s’exprimait depuis Kosti, au Soudan.
Alors que nous ne fournissons même pas la ration alimentaire complète aux populations, cette ration réduite est partagée par les bénéficiaires avec d’autres familles », a-t-il regretté.
Le PAM a indiqué que des stocks de nourriture étaient en préparation afin d’augmenter la distribution d’aide alimentaire pour toucher plus de 250.000 personnes à El-Obeid et dans ses environs – si les conditions le permettent.
Il a précisé que les stocks initialement destinés à la saison des pluies imminente étaient utilisés. « Nous voulons évidemment faire plus, mais nos ressources sont elles aussi sous forte pression », a ajouté Alwardat, insistant sur le fait que cette aide pour El-Obeid était « la seule bouée de sauvetage pour ces populations ».
APS




