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Rapport annuel du Conseil de sécurité: l’AGNU critique l’usage croissant du droit de veto

L’Assemblée générale des  Nations unies (AGNU) a dénoncé l’utilisation abusive du droit veto par les  membres permanents du Conseil de sécurité, notamment les Etats-Unis, qui  ont eu recours, à maintes reprises, à cette pratique dans le cadre du  génocide sioniste en cours contre le peuple palestinien dans la bande de  Ghaza.

Au cours du débat sur le rapport annuel du Conseil de sécurité concernant  ses activités en 2024, présenté par la présidente du Conseil pour le mois  de juin, Carolyn Rodrigues-Birkett du Guyana, l’Autriche a souligné que  l’usage croissant du droit veto par les membres permanents, à sept reprises  en 2024, « a atteint son plus haut niveau depuis la fin de la Guerre  froide », dans des situations où il y avait pourtant un besoin clair et  urgent d’agir.

« Ces abus risquent d’hypothéquer la légitimité du Conseil mais aussi la  confiance que les Etats membres et les citoyens du monde placent dans le  multilatéralisme », a estimé pour sa part le Portugal, pour qui le veto ne  doit pas devenir « un bouclier face à l’inaction ».

L’Equateur a, de son côté, souhaité qu’il soit davantage fait état des cas  dans lesquels le Conseil de sécurité n’a pas été en mesure d’agir. Il a  regretté que le rapport ne fasse pas mention des raisons ayant motivé le  recours au veto par des Etats membres spécifiques et qu’il n’y ait pas de  mise en perspective avec l’utilisation du veto les années précédentes.

Cuba a quant à elle jugé « inconcevable » que dans le cadre du génocide  sioniste contre le peuple palestinien dans la bande de Ghaza, le rapport  ait omis de mentionner les multiples violations par l’entité sioniste des  résolutions du Conseil de sécurité.

L’île caribéenne a regretté aussi l’absence d’analyse s’agissant de la  paralysie du Conseil dans ces situations, étant donné l’utilisation  réitérée du veto par les Etats-Unis.

Dans le même contexte, le Salvador aurait voulu un document de fond,  analysant de manière détaillée et systématique les situations dont le  Conseil de sécurité a été saisi, avec des statistiques approfondies sur  l’historique du droit de veto et un état des lieux des raisons ayant poussé  les membres permanents à y recourir.

Par ailleurs, l’Assemblée générale s’est réjouie du fait que le Conseil  ait tenu en 2024 un total de 305 séances – dont 285 séances publiques -,  précisant que le sujet le plus fréquemment abordé est demeuré celui du   Moyen-Orient, principalement la question palestinienne et le Liban.

Au cours de la période considérée, le Conseil a adopté 46 résolutions,  dont seulement 30 à l’unanimité, en baisse par rapport à l’an dernier, a  fait remarquer la Thaïlande. Pour sa part, le président de l’Assemblée générale, Philemon Yang, a  relevé des éléments positifs, comme le renouvellement de plusieurs missions  de maintien de la paix et missions politiques spéciales et la reconduction  des mandats de 10 comités des sanctions.

Toutefois, de nombreux Etats membres ont noté avec inquiétude que les  « dynamiques politiques difficiles » et les divisions portent atteinte à la  capacité du Conseil onusien de s’acquitter de ses responsabilités.

De plus, les délégations ont réitéré leurs souhaits en termes de réforme  du Conseil de sécurité. L’Inde a ainsi insisté sur la nécessaire réforme du  multilatéralisme pour préserver la crédibilité du Conseil. Un Conseil « incapable de répondre efficacement aux crises urgentes », s’est  désolé le Costa Rica, en plaidant pour « une démocratisation de ses  pratiques, afin qu’il agisse au nom de tous les membres, y compris les  non-permanents ».

(APS)  

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