Palestine : les organisations des détenus dénoncent la création d’un tribunal d’exception visant les détenus Ghazaouis

Les organisations de défense des détenus palestiniens ont dénoncé mercredi l’adoption par le Parlement sioniste (Knesset) d’une loi établissant un tribunal d’exception pour les détenus de Ghaza accusés d’avoir participé aux événements du 7 octobre, a rapporté l’agence de presse palestinienne Wafa.
Elles ont estimé que cette mesure, incluant notamment une possible peine de mort, constitue un « nouveau maillon dangereux » du système de législation coloniale qui perpétue le génocide en cours contre le peuple palestinien, y compris les prisonniers et les détenus dans les prisons de l’occupation.
La Commission des affaires des détenus et des anciens détenus, le Club des prisonniers palestiniens et l’Association « Addameer » de soutien aux prisonniers et de défense des droits de l’homme ont affirmé que cette loi constitue une violation flagrante des règles du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et d’un certain nombre de droits fondamentaux et inaliénables, notamment le droit à la vie, le droit à un procès équitable et les garanties d’une procédure régulière, ainsi que l’interdiction absolue de la torture et d’autres formes de traitements ou de peines cruels, inhumains ou dégradants.
Elles ont relevé que les dispositions incluses dans cette loi « ne sont pas distinctes du processus législatif raciste par lequel la Knesset avait précédemment adopté ce que l’on appelle la loi d’exécution des prisonniers palestiniens », mais qu’elles s’inscrivent plutôt dans « la continuité d’une approche systémique visant à fournir une couverture juridique interne aux crimes internationaux commis contre le peuple palestinien ».
Elles ont souligné que cette tendance renforce le rôle de la Knesset comme l' »un des principaux instruments du système de terrorisme colonial sioniste », qui a directement contribué à la perpétuation du génocide, à la poursuite de l’agression généralisée et au ciblage de la présence palestinienne et de ses droits nationaux et humains.
Les organisations ont ajouté que cette loi intervient « à un moment où des témoignages et des récits horribles de prisonniers et de détenus continuent de documenter la torture systématique, les crimes de famine, les crimes médicaux, l’isolement brutal, les agressions sexuelles et les politiques d’exécution lente pratiquées systématiquement dans les prisons et les camps sionistes ».
Elles ont fait savoir que les témoignages des détenus de Ghaza, en particulier, constituent « une preuve vivante et directe des crimes commis contre les prisonniers et détenus Palestiniens depuis plus de deux ans et demi », dans le cadre d’une politique systématique qui s’apparente à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité, et qui représente un visage du génocide perpétré dans les prisons.
Les mêmes organisations ont enfin appelé à l’ouverture d’enquêtes internationales indépendantes et transparentes sur tous les crimes de torture et de mise à mort commis dans les prisons et centres de détention sionistes, à garantir une pleine coopération avec la Cour pénale internationale, à soutenir ses enquêtes, à exécuter les mandats d’arrêt émis contre les responsables de crimes internationaux et à permettre au Comité international de la Croix-Rouge de rendre visite aux prisonniers et détenus Palestiniens et d’examiner leurs conditions de détention sans aucune restriction, ni obstacle.
(APS)




