ONU: l’IA menace les ressources en eau et en énergie

L’ONU a mis en garde contre l’impact grandissant de l’intelligence artificielle (IA) sur les ressources en eau et en énergie, estimant que la consommation des centres de données pourrait doubler d’ici 2030, sous l’effet de l’explosion de la demande mondiale en technologies numériques.
Dans un rapport publié jeudi par l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé, les experts onusiens soulignent que les centres de données, indispensables au fonctionnement de l’IA, nécessitent d’importantes quantités d’électricité et d’eau, notamment pour le refroidissement des serveurs.
En 2025, ces infrastructures ont consommé près de 4.500 milliards de litres d’eau, soit l’équivalent des besoins de plus de 600 millions de personnes en Afrique subsaharienne.
Selon les projections, la consommation d’eau liée à l’IA pourrait atteindre jusqu’à 9 milliards de mètres cubes par an d’ici 2030. Cette hausse s’explique notamment par les systèmes de refroidissement utilisant l’évaporation, un procédé gourmand en eau douce. Sur le plan énergétique, la tendance est tout aussi préoccupante.
La consommation mondiale d’électricité des centres de données devrait tripler pour atteindre environ 945 térawattheures (TWh) d’ici 2030. En 2025, elle s’élevait déjà à 448 TWh, dépassant la consommation totale de certains pays. L’IA représente à elle seule près de 20 % de cette demande.
Le rapport met également en lumière l’impact de certaines applications spécifiques, comme la génération de contenus numériques. L’entraînement de modèles avancés d’IA peut consommer des quantités considérables d’énergie, tandis que la production de vidéos par IA est identifiée comme une source émergente de pression environnementale. Par ailleurs, l’empreinte carbone du secteur demeure sous-estimée.
Les centres de données ont généré environ 189 millions de tonnes de CO2 en 2025, un chiffre qui pourrait dépasser les 399 millions de tonnes à l’horizon 2030. A cela s’ajoutent d’autres impacts, tels que l’augmentation des besoins en terres pour l’installation des infrastructures et la production croissante de déchets électroniques.
Face à ces défis, l’ONU appelle à la mise en place d’un cadre de gouvernance fondé sur la transparence, l’efficacité énergétique, l’équité et la responsabilité environnementale. Le rapport préconise aussi une mobilisation de l’ensemble des acteurs, des industriels aux décideurs politiques, en passant par les chercheurs et les utilisateurs, afin de promouvoir un développement durable et responsable de l’intelligence artificielle.
Malgré ces préoccupations, le marché mondial de l’IA poursuit sa croissance rapide, avec des perspectives de multiplication par 25 de sa valeur d’ici 2033, accentuant ainsi l’urgence d’une régulation adaptée.
(APS)




