Neuf prisonniers sahraouis entament une grève de la faim illimitée
Une action de protestation après 16 ans de détention arbitraire

Neuf prisonniers civils sahraouis du groupe « Gdeim Izik » ont annoncé, ce mercredi 23 septembre 2026, le début d’une grève de la faim illimitée, pour protester contre la privation persistante, par les autorités d’occupation marocaines, de leur droit à être transférés vers les villes du Sahara occidental occupé.
Dans un communiqué adressé à l’opinion publique nationale et internationale, les prisonniers ont affirmé que cette action intervient après 16 années de détention arbitraire et dans le cadre d’une longue série de « batailles des entrailles vides » qu’ils ont menées dans les prisons de l’occupation, pour défendre leurs droits et leurs revendications.
Le communiqué précise que la grève vise à contraindre l’État d’occupation marocain à mettre en œuvre les décisions des mécanismes conventionnels des Nations unies, qui l’ont condamné pour ce que les prisonniers qualifient de torture systématique et de détention arbitraire, notamment l’avis du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, ainsi que les décisions du Comité contre la torture, dont le nombre, selon les prisonniers, dépasse huit décisions.
Les prisonniers entendent également, selon le communiqué, dénoncer les graves violations des droits de l’homme dont sont victimes les prisonniers civils sahraouis dans les différentes prisons de l’occupation, notamment la torture physique et psychologique, le placement en cellules d’isolement pendant de longues années, la privation de soins et de prise en charge médicale, ainsi que la privation de leur droit à être transférés vers les villes du Sahara occidental occupé.
Dans ce contexte, les prisonniers ont appelé le Conseil de sécurité des Nations unies, sur la base de la Charte des Nations unies, des règles du droit international humanitaire et des Conventions de Genève de 1949, à élargir le mandat juridique de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), afin qu’il englobe la surveillance de la situation des droits de l’homme et la documentation des violations commises contre les civils sahraouis dans la partie occupée du territoire.
Ils ont également appelé à permettre au Comité international de la Croix-Rouge d’accéder immédiatement et sans condition au territoire, afin d’y accomplir ses missions humanitaires, notamment visiter les prisons et les lieux de détention et assurer la protection de la population civile.
Les prisonniers ont réaffirmé leur détermination à poursuivre la grève « avec toute la détermination et la fermeté nécessaires » jusqu’à l’obtention de l’intégralité de leurs droits, tenant l’État d’occupation marocain pour responsable de leur sécurité physique et psychologique, et appelant les instances des droits de l’homme, les organisations humanitaires et la communauté internationale à intervenir d’urgence afin de faire pression pour que leurs revendications soient satisfaites.
Les neuf prisonniers participant à la grève sont répartis dans trois prisons : Mohamed Bani, à la prison d’Aït Melloul 2 ; Abdallah Abbah, Mohamed Lamine Haddi et Bachir Khadda, à la prison de Tiflet 2 ; ainsi que Sid El Bachir Boutenkiza, Ahmed Sebaï, Naâma Asfari, El Houcine Zaoui et Hassan Dah, à la prison centrale de Kénitra.
Les prisonniers ont conclu leur communiqué par le slogan : « Toute la patrie ou le martyre ».




