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Massacres du 8 mai 1945 en Algérie : une tache d’infamie indélébile au front de la France coloniale, un phare pour la Mémoire nationale

L’Algérie commémore, vendredi, la Journée nationale de la Mémoire marquant le 81e anniversaire des Massacres du 8 mai 1945, qui demeureront une tache d’infamie indélébile au front de la France coloniale, mais aussi un phare qui éclaire et guide les générations successives dans la défense de la mémoire en tant que rempart inexpugnable pour la préservation de l’identité nationale.

La date du 8 mai demeure une plaie béante, toujours à vif, même après plus de huit (8) décennies écoulées, car marquant le jour où les Algériens sont sortis pour faire souffler, au prix du sang, les vents de la liberté sur leur terre, face à la machine de guerre coloniale, brutale et meurtrière, au moment où le monde célébrait la chute du nazisme à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

A Sétif, Guelma, Kherrata et dans d’autres régions du pays, les Algériens sont descendus dans les rues, brandissant le drapeau national et réclamant à la France d’honorer ses promesses, en leur permettant d’accéder au droit à l’autodétermination en contrepartie de leurs sacrifices sur les fronts de combat.

Toutefois, la balle de la trahison qui a fauché le jeune Saâl Bouzid, pour avoir refusé de baisser le drapeau national, a fait tomber le masque de la prétendue « mission civilisatrice » dont se prévalait la France coloniale devant le monde, mettant ainsi à nu sa brutalité et ses pratiques inhumaines. La France ne s’était pas contentée de mobiliser les forces de police pour réprimer les manifestants pacifiques, mais a eu également recours à l’armée avec ses forces terrestres et aériennes.

Les colons ont, eux aussi, pris part à des campagnes d’épuration ethnique d’une extrême violence, détruisant des villages entiers, jetant des corps dans des puits et des grottes, et utilisant des fours à chaux à Guelma pour dissimuler les traces du crime.

En dépit de la douleur profondément ancrée dans la conscience nationale, ces massacres ont forgé la génération de la glorieuse Révolution de libération. Ce jour-là, les illusions politiques et les fausses promesses se sont dissipées, et le mouvement national, avec toutes ses composantes, a bien compris que les rivières de sang dont s’est abreuvée chaque parcelle de notre chère patrie ne cesseront de couler qu’avec le départ du dernier soldat français.

Ainsi, le 8 mai a été l’étincelle qui a allumé la mèche de la Révolution du 1er novembre 1954. Cet anniversaire illustre l’attachement indéfectible du peuple algérien aux valeurs de liberté et de dignité, face aux crimes d’extermination et crimes contre l’humanité les plus odieux des temps modernes, de même qu’il ancre dans l’esprit la nature de l’identité nationale, forgée par les résistances, les luttes et le combat de générations liées par l’amour de la patrie, comme l’avait déclaré le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, lors d’une occasion précédente, soulignant que « l’Algérie ne saurait en aucun cas accepter à ce que le dossier de la mémoire soit relégué à l’oubli et au déni ».

Et d’ajouter: « le peuple algérien qui a su jadis transformer souffrances et sacrifices en gloires, ne verra pas son élan freiné par la rudesse des défis. Bien au contraire, il redoublera de résolution face à ceux qui s’acharnent contre nos principes et l’indépendance de notre décision nationale ».

L’Algérie, qui commémore la date du 8 mai 1945, instituée Journée nationale de la mémoire, met le dossier de ces massacres, constituant un crime de génocide imprescriptible, au cœur du récit historique.

Au milieu des rancœurs cumulées, des voix françaises s’élèvent sporadiquement, portées par des organisations, des associations, des personnalités éminentes, des historiens et des parlementaires, exigeant la reconnaissance officielle de ces massacres comme un crime d’Etat commis contre un peuple sans défense, en violation flagrante des principes universels des droits de l’Homme, et réclamant leur inclusion dans les manuels scolaires, l’accès total aux archives et la consécration d’une journée en France pour la commémoration de cet anniversaire douloureux.

(APS)

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