Maroc : Rabat bloque l’extradition de quatre narcotrafiquants suspectés dans le meurtre de deux agents de la Garde civile espagnole

Des associations professionnelles et de la société civile en Espagne ont exprimé leurs doutes sur la possibilité que Rabat accepte l’extradition vers Madrid de quatre suspects dans le meurtre de deux agents de la Garde civile après que leur patrouille a été percuté par un bateau de narcotrafiquants, citant d’autres affaires de condamnés recherchés par la justice espagnole, mais sans être arrêtés par les forces sécuritaires marocaines.
Le choc et la colère causés par l’assassinat des gardes civils Miguel Ángel González et David Pérez, le 9 février dernier, dans le port de Barbate, non loin de Cadix, en Andalousie, est encore très vive en Espagne, en particulier parmi les membres de la Garde civile, qui espèrent que Les auteurs de ce crime soient arrêtés, jugés et condamnés pour l’un des meurtres les plus cruels de mémoire dans la lutte contre le trafic de drogue sur les côtes de Cadix.
En mai dernier, des sources proches de l’enquête espagnoles avaient déjà révélé au journal « LA RAZÓN », que les quatre individus qui se trouvaient à bord du bateau de drogue qui a percuté le bateau de la Garde civile étaient quatre Marocains (l’un d’eux connu sous le nom de « Karim » et qu’ils pourraient être cachés quelque part au Maroc.
L’annonce par l’unité opérationnelle centrale (UCO), branche de la Garde civile spécialisée dans les enquêtes complexes et l’unité organique de la police judiciaire (UOPJ) du commandement de Cadix, que les auteurs présumés des assassinats se trouvaient sur le sol marocain, plus précisément dans une ville de Tanger, ravive les questions sur la réelle intention de Rabat sur leur extradition.
Quelque chose qui soulève certains doutes parmi des groupes comme l’Association espagnole des gardes civils, selon le quotidien espagnol « La Razón ».
« C’est une réalité que nous dépendons du Maroc, car il est évident que nous avons besoin de sa collaboration. Cependant, cette réalité nous dit que, par exemple, à l’heure actuelle, en matière d’immigration, elle est ignorée », s’est indigné José Antonio Belizon, délégué à Cadix de l’Association espagnole des gardes civils, cité par « La Razón ».
Le Maroc « ne collabore pas du tout, puisqu’il n’accueille pas tous les migrants clandestins expulsés de l’Espagne. Cela affecte donc directement l’extradition de ces meurtriers », a-t-il ajouté.
Le même interlocuteur, évoquant le régime mafieux de Mohamed VI, a poursuivi : « nous sommes face à un pays totalement imprévisible ».
« Aujourd’hui, il peut dire oui et demain non. Vous dire qu’ils vont vous les livrer et ne pas le faire », a-t-il expliqué.
Les mêmes doutes et scepticisme suscités au sein des groupes citoyens ayant un grand poids dans la lutte contre la drogue en Espagne, à l’image de la coordination Alternative Antidrogue, a noté le journal espagnol.
« Nous sommes entre les mains du Maroc et si, comme c’est le cas, il s’agit de personnes de nationalité marocaine, il n’y a pas d’accord d’extradition », a regretté Juan Mena, représentant de la coordination.
« Espérons qu’enfin le Maroc collaborera, même si, j’insiste, pour l’instant, en matière d’immigration, il ne se conforme pas », souligne José Antonio Belizadon.
Juan Mena a même ajouté que les suspects continuent toujours à gérer leurs affaires de trafic de drogue depuis le Maroc, sans à être inquiétés par les service de sécurité de ce pays, et qu’ils pourraient revenir en Espagne dans les bateaux transportant de la drogue.
En fait, les personnes interrogées par le journal espagnol « doutent fortement » que le Maroc change d’attitude », entre autres « parce que si un changement de procédure survient, cela ne pourrait pas être réservé à certaines personnes ».
D’après plusieurs rapports européens et onusiens, le Maroc, gros producteur et expéditeur de hachich dans le monde et en particulier vers l’Europe, est un refuge et même un endroit sûr pour les criminels et trafiquants de drogue, très recherchés par Interpol et les organismes de lutte anti-drogue en Europe.
AL24News



