L’ONU exhorte les Etats-Unis à lever leurs sanctions contre son experte Francesca Albanese accusée de « guerre juridique »

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a demandé, jeudi, aux Etats-Unis de lever leurs sanctions contre Francesca Albanese, la Rapporteure spéciale des Nations unies sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, accusée de « guerre juridique ».
Dans une déclaration à la presse, Volker Türk a affirmé que « les attaques et les menaces contre les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales, ainsi que contre des institutions clés comme la Cour pénale internationale (CPI), doivent cesser ».
Il a rappelé, dans ce contexte, que « les rapporteurs spéciaux des Nations unies, ainsi que d’autres acteurs de l’écosystème des droits de l’homme, abordent, par nature, des questions sensibles et souvent source de divisions, qui constituent une préoccupation internationale« .
« Même face à de profonds désaccords, les Etats membres de l’ONU devraient s’engager de manière concrète et constructive, plutôt que de recourir à des mesures punitives« , a-t-il souligné.
Pour M. Türk, « la solution réside non pas dans le manque, mais dans le renforcement du débat et du dialogue sur les préoccupations concrètes en matière de droits de l’homme qu’ils traitent« .
Le Président du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, Jürg Lauber, a de son côté, « regretté » la décision du gouvernement américain d’imposer des sanctions à Francesca Albanese.
« Les rapporteurs spéciaux sont un instrument essentiel du Conseil dans l’accomplissement de son mandat de promotion et de protection de tous les droits de l’homme dans le monde« , a souligné M. Lauber dans une déclaration à la presse.
Il a appelé tous les Etats membres de l’ONU à « coopérer pleinement avec les rapporteurs spéciaux et les titulaires de mandat du Conseil et à s’abstenir de tout acte d’intimidation ou de représailles à leur encontre ».
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a annoncé mercredi que les Etats-Unis imposaient des sanctions à l’experte indépendante onusienne « pour répondre à la guerre juridique et protéger leur souveraineté », sans préciser la nature des sanctions.
Pour sa part, Francesca Albanese a réagi en soulignant qu’elle se tient « fermement et avec conviction » du côté de la justice, comme elle l’a « toujours fait ».
« Je viens d’un pays riche d’illustres juristes, d’avocats talentueux et dejuges courageux qui ont défendu la justice au prix de grands sacrifices, souvent au péril de leur vie« , a-t-elle affirmé, se disant fière d' »honorer cette tradition ».
Mme Albanese avait présenté, début juillet, au Conseil des droits de l’homme, un rapport intitulé : « De l’économie d’occupation à l’économie de génocide« , dans lequel elle accuse des dizaines d’entreprises, notamment américaines, de soutenir la « campagne génocidaire » menée par l’occupation sioniste à Ghaza et d’en tirer profit.
(APS)




