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Liban : malgré le cessez-le-feu, de plus en plus de personnes contraintes de fuir

Malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril, la crise humanitaire et les déplacements de population au Liban sont loin d’être terminés, alerte une agence des Nations unies, relevant que des civils dans le sud du pays continuent de fuir leur domicile.

Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a affirmé mardi que même si la capitale, Beyrouth, n’a pas été touchée ces dernières semaines, les civils du sud du Liban et dans certaines parties de la Bekaa vivent dans la même crainte pour leur vie qu’avant le cessez-le-feu. Et de plus en plus de personnes sont ainsi contraintes de fuir.

« La situation est extrêmement fragile, marquée par la poursuite des frappes aériennes (sionistes), des bombardements, des démolitions, des ordres d’évacuation, des interdictions de retour dans certaines zones et des restrictions de circulation qui continuent d’entraîner des déplacements répétés et une augmentation rapide des besoins humanitaires », a déclaré depuis Beyrouth, Karolina Lindholm Billing, représentante du HCR au Liban, lors d’un point de presse de l’ONU à Genève.

La mission de maintien de paix de l’ONU au Liban, la FINUL, a signalé avoir recensé lundi 619 tirs effectués par l’armée sioniste et ayant touché le territoire libanais, le nombre le plus élevé de tirs depuis le cessez-le-feu du 17 avril. A New York, le Conseil de sécurité a tenu, mardi, des consultations à huis clos sur la mise en œuvre de la résolution 1559.

Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, a fait un exposé devant le Conseil. Elle a souligné que la situation au Liban demeure extrêmement instable. Malgré le cessez-le-feu, les civils continuent d’être pris pour cible. Depuis le 17 avril, au moins 380 personnes ont été tuées.

Au total, les autorités libanaises font état de 2.702 morts et de plus de 8.300 blessés depuis l’escalade du 2 mars, il y a un peu plus de deux mois. Les gens continuent d’être déplacés et le pays compte toujours plus d’un million de déplacés internes dont plus de 124.000 personnes sont hébergées dans 625 écoles et autres bâtiments publics utilisés comme centres d’accueil collectifs.

« Les civils continuent d’être directement touchés, et l’insécurité continue d’influencer les décisions des gens quant à savoir s’ils doivent retourner dans leurs villes et leurs villages ou rester sur place, dans une sécurité relative, pour l’instant », a ajouté Mme Lindholm Billing.

Dimanche, des ordres d’évacuation ont été renouvelés dans 11 villages et localités du gouvernorat de Nabatieh, suivis de frappes aériennes qui ont provoqué de nouveaux déplacements, selon les autorités locales. Par ailleurs, les mouvements transfrontaliers se poursuivent.

Plus de 310.000 Syriens ont traversé la frontière depuis le Liban pour rejoindre la Syrie depuis le 2 mars dernier. « Ce fragile cessez-le-feu doit être respecté pour permettre le retour en toute sécurité des familles déplacées et s’accompagner d’un soutien international durable », a conclu la représentante du HCR au Liban.

(APS)

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