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Le Makhzen utilise l’immigration clandestine pour faire pression sur l’Europe

Au cours des dernières années, l’immigration clandestine est devenue l’un des principaux leviers utilisés par le Makhzen pour exercer des pressions sur plusieurs pays européens, en particulier l’Espagne, afin d’influer sur leurs positions dans des dossiers régionaux et diplomatiques sensibles.

Alors que cette situation suscite une vive controverse dans les milieux européens, où les pratiques du Makhzen sont perçues comme une menace pour la sécurité des frontières communes, le régime marocain continue d’agiter cette carte chaque fois que son isolement s’accentue.

Voici les chiffres les plus importants illustrant le recours du Maroc à la pression migratoire envers l’Espagne et l’Union européenne, à travers l’utilisation des flux de migrants clandestins comme moyen de pression :

Août 2014 : arrivée de 1 200 migrants en une journée sur les côtes de Cadix (Espagne), après l’interception par la Garde civile espagnole d’un yacht lié au palais royal marocain au large de Ceuta, un épisode connu sous le nom de « crise du yacht royal ».

Février 2017 : plus de 800 migrants franchissent collectivement la barrière de Ceuta en quatre jours, perçu comme un signal d’avertissement adressé aux décideurs européens à Bruxelles, à la suite de décisions de la Cour de justice de l’Union européenne excluant les produits du Sahara occidental des accords commerciaux.

2020 : arrivée de 23 000 migrants aux îles Canaries, soit une hausse de 573 % par rapport à 2019, sur fond de tensions avec l’Espagne autour du tracé des frontières maritimes et des ressources de l’Atlantique.

Mai 2021 : ouverture des frontières ayant permis le passage de 10 000 à 12 000 migrants, dont environ 2 000 mineurs, vers Ceuta, sous le regard des forces de sécurité marocaines, lors de ce qui a été qualifié de « crise de Ceuta ».

24 juin 2022 : l’une des pires tragédies migratoires dans la région s’est produite dans l’enclave espagnole de Melilla, lors de ce que certains ont appelé le « vendredi noir ». Plus de 1 500 migrants africains ont tenté de franchir la barrière frontalière entre Nador (Maroc) et Melilla (Espagne), provoquant des affrontements avec les forces de sécurité marocaines ayant fait des morts et des blessés parmi les migrants.

L’Espagne enregistre l’arrivée d’un nombre important de jeunes migrants, dont certains âgés de 16 ou 17 ans, et parfois même de 7 ou 8 ans, atteignant l’enclave de Ceuta.

Le Makhzen adopte une politique dite du « gendarme épuisé », en avançant qu’il dépense environ 430 millions d’euros par an pour la protection de l’Europe, et en réclamant une augmentation des aides financières.

Le Maroc est le deuxième bénéficiaire des fonds européens dédiés à la gestion des frontières et des migrations, avec une enveloppe estimée à 500 millions d’euros pour la période 2021-2027.

L’Union européenne a alloué au Maroc, sur la même période, un total d’environ 1,6 milliard d’euros sous forme de subventions.

Des pannes techniques sont parfois signalées, notamment des dysfonctionnements « soudains » des systèmes radar marocains lors de tensions diplomatiques, présentés comme une manière de souligner la dépendance de la technologie à des compromis politiques.

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