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Le Makhzen exerce un chantage politique et financier sur l’Europe,l’instrumentalisation de l’immigration clandestine relève du « terrorisme d’Etat »

L’expert en sécurité et spécialiste des questions migratoires, Hassan Kacimi, a affirmé que le Makhzen utilise les migrants comme des boucliers humains et un moyen de chantage politique et financier envers l’Europe, estimant que l’instrumentalisation de « l’immigration clandestine » pour faire pression sur l’Espagne relève du « terrorisme d’Etat ».

Dans un entretien accordé à l’APS, Hassan Kacimi a précisé que le Maroc est désormais connu à l’échelle internationale comme un « Etat de trafic de stupéfiants opérant en dehors de tout cadre légal », ajoutant qu’il compte parmi « les acteurs les plus actifs dans le financement des groupes armés et du terrorisme au Sahel, en assurant la protection et la sécurisation des routes de la drogue entre l’Afrique de l’Ouest, le Sahel, l’Afrique du Nord, puis vers l’Europe et le Moyen-Orient ».

L’expert a rappelé l’implication récurrente du Makhzen dans de graves violations du droit international, notamment à travers l’occupation illégale du Sahara occidental et le programme d’espionnage « Pegasus« , évoquant en outre ses graves atteintes aux libertés individuelles des Marocains et son système policier répressif, qui étouffe toute forme de liberté d’expression et de pratique démocratique.

« Malgré ce passif lourd et compromettant, le Maroc continue de défier l’Europe sur d’autres terrains, en l’inondant de stupéfiants et en utilisant les migrants comme des boucliers humains et un moyen de pression et de chantage« , a dit Kacimi, ajoutant que Rabat « utilise la carte migratoire comme moyen de chantage politique pour contraindre l’Europe à soutenir les prétentions coloniales du Maroc sur le Sahara occidental ».

Il a également rappelé que le Makhzen, partageant des frontières avec Ceuta et Melilla, « exerce des pressions diplomatiques immorales sur l’Espagne et l’Europe« , expliquant qu' »après avoir perdu son influence au Parlement européen à la suite de grands scandales de corruption, le Maroc exerce une autre forme de pression en ouvrant ses frontières aux migrants afin de faciliter leur passage vers l’Europe« , notamment lorsque le soutien qu’il recherche tend à s’éroder.

L’expert en sécurité avance plusieurs chiffres pour illustrer l’ampleur du chantage exercé par le Maroc sur l’Espagne, précisant qu’en 2020, 23.000 migrants ont atteint les îles Canaries, soit une hausse de 573% par r apport à 2019, estimant que ce chantage relève du « terrorisme d’Etat ».

Il a également évoqué l’arrivée, les 17 et 18 mai 2021 dans l’enclave espagnole de Ceuta, de 8.000 migrants, dont 2.700 mineurs, après avoir été autorisés à franchir illégalement la frontière, soulignant que ce chiffre dépasse largement les moyennes annuelles enregistrées à Ceuta et Melilla en 2017, 2018 et 2019.

Hassan Kacimi a indiqué, par ailleurs, que l’Espagne a vu affluer un grand nombre de jeunes migrants, certains âgés de seulement 16 ou 17 ans, voire d’à peine 7 ou 8 ans, vers l’enclave de Ceuta, affirmant qu’il s’agit « d’une violation flagrante des droits de l’enfant garantis par la Convention de Genève relative aux droits de l’enfant de 1989 », rappelant le sauvetage d’un nourrisson de la noyade par un élément de la garde civile espagnole.

Le spécialiste des questions migratoires a fait observer que la pression exercée par le Maroc sur l’Espagne vise à la contraindre à reconnaître la prétendue « souveraineté » marocaine sur le Sahara occidental, soulignant que « le Maroc ne cache plus ses intentions criminelles et subversives consistant à ouvrir ses frontières vers l’Europe chaque fois qu’il fait face à des difficultés politiques ou diplomatiques ».

==L’immigration clandestine comme levier pour obtenir des financements et des privilèges==

Le Maroc ne s’est pas arrêté là, il s’est également servi de la carte de l’immigration clandestine pour obtenir des avantages financiers, en endossant le rôle de gardien de la frontière sud de l’Europe « en contrepartie de multiples privilèges, notamment des aides financières destinées à la gestion de ses frontières avec l’Europe, ainsi que la recherche d’une reconnaissance de la prétendue +souveraineté+ marocaine sur le Sahara occidental », a poursuivi Hassan Kacimi.

Le Maroc a également « exercé des pressions sur l’Europe afin d’obtenir d’autres avantages, particulièrement dans les domaines agricole, commercial et de la circulation des personnes », a-t-il ajouté.

Rappelant que le Maroc est le deuxième bénéficiaire des fonds européens consacrés à la gestion des frontières et des migrations, l’expert a révélé que l’enveloppe qui lui est destinée s’élève à 500 millions d’euros pour la période 2021-2027.

La responsabilité du Maroc étant désormais établie dans les violations des droits humains commises contre les migrants, traités comme des marchandises, l’Union européenne devrait « suspendre ses aides financières au Maroc afin d’empêcher la répétition de telles pratiques indignes  et ne plus rester les bras croisés face à des agissements contraires au droit international ainsi qu’aux principes de respect de la dignité humaine et de l’intégrité physique », a soutenu l’expert.

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