Liban: l’ex-Premier ministre Saad Hariri annonce son retrait de la vie politique
L’ex-Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé lundi son retrait de la vie politique et a appelé son parti à ne pas présenter de candidats aux élections législatives prévues au printemps, rapportent des médias locaux.
Le quinquagénaire, propulsé sur la scène politique après l’assassinat de son père Rafic Hariri en 2005, a annoncé sa décision lors d’un bref discours prononcé à Beyrouth.
Après des semaines de spéculations, l’ex-Premier ministre Saad Hariri, rentré jeudi à Beyrouth depuis les Emirats arabes unis, et après plusieurs jours de tractations au sein de son camp et avec ses alliés, a annoncé que lui et sa formation, le courant du Futur, ne participeront pas aux élections législatives libanaises qui doivent se tenir le 15 mai.
« J’annonce la suspension de mon activité politique et j’appelle le courant du Futur à faire de même. Je ne me présenterai pas aux élections et ne présenterai aucune candidature issue du courant du Futur ou en son nom », a affirmé Saad Hariri, lors du discours prononcé devant les membres de sa formation.
« Notre maison restera ouverte aux bonnes volontés et à nos proches dans tout le Liban », a ajouté le leader sunnite.
« Nous restons au service de notre population et de notre pays. Mais notre décision est de suspendre tout rôle et toute responsabilité directe au sein du pouvoir parlementaire et politique dans le sens traditionnel du terme.
Nous resterons, en tant que citoyens, attachés au projet de Rafic Hariri pour empêcher le retour de la guerre civile et offrir une meilleure vie à tous les Libanais », a affirmé M. Hariri.
« Après l’assassinat de Rafic Hariri, j’ai été choisi pour poursuivre son projet, et non pour que la famille Hariri se maintienne au pouvoir », avait d’abord expliqué M. Hariri. « Ce projet peut être résumé en deux idées : empêcher toute guerre civile au Liban, et assurer une meilleure vie aux
Libanais.
J’ai réussi sur le premier plan, mais pas sur le second. Eviter une guerre civile m’a poussé à accepter de faire des compromis, notamment l’accord de Doha, la visite à Damas, l’élection de Michel Aoun à la présidence, et d’autres choses. Ces compromis se sont faits à mes dépens », a-t-il reconnu.
« Mais le plus important est d’aboutir à un Liban immunisé contre la guerre civile et capable d’assurer une meilleure vie aux Libanais. Tout cela a fait que j’ai perdu sur le plan de ma fortune personnelle, tout en perdant des amis, et même des frères. Je pourrais supporter tout cela, mais je ne peux pas supporter de voir des Libanais qui pensent que je fais partie d’un système qui ne parvient plus à trouver des solutions », a lancé M. Hariri.




