Restitution des biens cachés en France, extraditions et Mémoire: l’Algérie en passe de gagner la bataille

Au risque de décevoir les pyromanes qui tentent, depuis maintenant quelques années, de souffler sur la braise de la crise diplomatique algéro/ française, le dialogue entre les deux pays semble se frayer un chemin, long, peut-être, mais sur.
Les étapes de réchauffement des relations entre les deux pays se succèdent.
L’une d’elles est le retour à son poste de l’ambassadeur de France en Algérie, Stephane Romatet, après une année d’absence, est un signe qui ne trompe pas, sauf pour ceux qui ne veulent pas voir le feu de la discorde s’éteindre, électons présidentielles de 2027 oblige.
« Al24 News » a, justement, rencontré l’ambassadeur, ce dimanche, à la Basilique Notre Dame d’Afrique, à Alger, en marge de la Journée internationale du vivre ensemble.
Une journée, faut-il le rappeler au passage, initiée par l’Algérie initiative et adoptée à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations Unies le 8 décembre 2017, sous la résolution 72/130.
Au micro de Sofiane Baroudi, journaliste de « Al24News », l’ambassadeur qui a tenu à apprécier « l’écho extraordinaire », connu par la visite du Pape Leon XIV en Algérie, visite empreinte, selon Stephane Romatet de « concorde », d’« unité nationale », a abordé la visite, ce lundi, du ministre de la Justice français de la justice, Gérald Dermanin. « Il y a un désir des deux chefs d’État, du président Macron et du président Tebboune, d’accélérer la reprise du dialogue, en confiance, en partenariat, en respect entre nos deux pays », se félicite l’ambassadeur de France en Algérie.
Stéphane Romatet a qualifié les dossiers judiciaires intéressant les deux pays de « très importants, très sensibles, très complexes et très nombreux, et le président Macron a souhaité que le Garde des Sceaux, monsieur Dermanin, vient très vite en Algérie, une semaine après la visite de la ministre déléguée aux Armées
Vous connaissez, aussi, la relation particulière, personnelle, familiale, que le Garde des Sceaux, Gérald Dermanin a avec l’Algérie. Il vient avec une très grosse délégation de magistrats, de Très haut niveau en France, pour prendre tous ces dossiers judiciaires, pour avancer, et nous espérons vraiment beaucoup de cette visite pour que ces dossiers judiciaires, dans le respect, évidemment, de l’indépendance et de justice, c’est évident », précise l’ambassadeur.
La restitution des biens algériens et extraditions à l’ordre du jour
La France semble prête à discuter des biens algériens mal acquis et cachés à l’étranger, dont en France, et l’extradition d’ex-responsables recherchés par la justice algérienne.
Le sujet sera débattu par le ministre de la Justice français, en Algérie.
La confirmation vient de l’ambassadeur de France en Algérie.
Evidemment, le dossier des bien mal acquis, le dossier des extraditions et le dossier de la criminalité organisé seront au cœur des entretiens demain entre les deux ministres, entre les magistrats spécialisés. Le ministre de la Justice vient avec le procureur général financier, avec la procureure générale chargée de la criminalité organisée, justement pour avoir des discussions de justice à justice, pour avancer sur le dossier des bien mal acquis. C’est un dossier fondamental pour l’Algérie, nous en connaissons la sensibilité. Les discussions s’intéresseront également à la lutte contre le narcotrafic qui est un sujet majeur et pour la France et pour l’Algérie »
La Commission mixte des historiens relancée
Il y a l’ambition du président Macron, depuis toujours, depuis le début de son mandat, cette démarche de mémoire qu’il a voulu instaurer avec l’Algérie, une démarche de mémoire, qui consiste, aussi, à regarder la vérité de l’histoire, dans ce qu’elle a de plus difficile, de plus tragique. C’était le sens de la commémoration de sétif, le 8 mai. Le président a décidé, aussi, que la Commission mixte des historiens reprendrait, sans délai, ses travaux, pour qu’ensemble, nous avançons sur ce chantier de la mémoire qui est si important pour l’Algérie », se félicite l’ambassadeur français.
« ça fait partie, évidemment, des travaux de la Commission de voir, notamment, l’accès aux archives, la numérisation, les programmes d’échange entre historiens, scientifiques, mais aussi la question des restitutions. Tout ceci est au menu de la prochaine réunion de la Commission mixte des historiens que nous souhaitons qu’elle se tienne dans les quelques jours, sinon dans les quelques semaines à venir », conclut l’ambassadeur.




