Législatives au Maroc: climat tendu, répression des partisans du boycott

Un climat de tension et de mécontentement règne au Maroc, marqué par un large désengagement des jeunes de la participation politique à la veille des législatives, et une vague de répression menée par les forces de sécurité contre les partisans du boycott de ces élections.
Les autorités ont répondu aux appels au boycott par des campagnes de répression et d’arrestations, suscitant une vague de critiques parmi les citoyens et les organisations de défense des droits de l’homme.
Selon des médias locaux, les forces de l’ordre continuent, dans plusieurs villes marocaines, de contrer la campagne menée par le parti La Voie démocratique travailliste en faveur du boycott des législatives, à travers des interventions musclées et des interpellations de membres du parti et d’autres citoyens.
A Agadir, les forces de sécurité sont intervenues pour empêcher les participants à la campagne de distribuer des tracts appelant au boycott, en interpellant notamment quatre membres du parti. Le bureau régional du parti La Voie démocratique travailliste a dénoncé, dans un communiqué, « l’intervention violente » contre ses partisans, alors qu’ils exerçaient leur droit de communiquer avec les citoyens et d’expliquer les raisons du boycott, affichant sa détermination à poursuivre sa campagne afin de « dénoncer la mascarade électorale ».
A Sefrou, la section locale du parti a fait état d’actes d’intimidation et de restriction visant son activité, après que les forces de sécurité eurent confisqué les publications appelant au boycott, soulignant que ces mesures « révèlent le caractère illusoire des slogans démocratiques et confirment l’inutilité du processus électoral ».
A Meknès, un incident similaire a été signalé après la confiscation des tracts par les forces de sécurité du Makhzen, suscitant la réaction de la section locale du parti dénonçant ces restrictions, et affirmant que sa campagne se déroulait dans un cadre pacifique et dans le strict respect de la loi. Selon des médias locaux, la campagne du parti La Voie démocratique travailliste fait l’objet d’interdictions et de restrictions depuis son lancement, avec des poursuites et l’interpellation de plusieurs de ses militants.
Ces interpellations ont été condamnées par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, qui considèrent que l’interdiction des campagnes en faveur du boycott et leur criminalisation constituent une violation de la liberté d’express ion et d’opinion.
Selon le parti, seize (16) de ses militants ont été interpellés dans le cadre des campagnes appelant au boycott des législatives, tandis que quatre membres ont reçu des convocations à Tanger. Le parti La Voie démocratique travailliste soutient que ce scrutin ne réunit pas les conditions démocratiques les plus élémentaires.
Intervenant dans Maghreb online, le blogueur et militant des droits de l’homme, Mohamed Qandyl, a qualifié l’échéance électorale de « grande supercherie » et de « maquillage rhétorique et protocolaire » de la machine propagande et des médias complaisants.
Il a considéré ces élections comme « un épisode de plus dans une longue série destinée à reproduire les élites loyales » et à « consacrer la dépendance absolue envers les centres de décision réels », appelant les citoyens à sortir de la passivité et agir pour changer la situation actuelle.
La campagne de boycott intervient également dans un contexte marqué par le désintérêt manifeste des jeunes pour la politique et la participation électorale. Selon des données officielles, les jeunes âgés de 18 à 24 ans ne représentent qu’environ 3 % de l’ensemble des électeurs inscrits, alors que cette tranche d’âge constitue près de 12 % de la population, ce qui représente un défi pour les partis marocains dans leur capacité à mobiliser l’électorat jeune.
(APS)



