Guterres plaide pour une réforme du Conseil de sécurité et une représentation permanente pour l’Afrique

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a plaidé, mardi à New York, pour une réforme du Conseil de sécurité de façon à garantir une « représentation africaine permanente ».
« Un Conseil de sécurité du XXIe siècle sans représentation africaine permanente est injuste et indéfendable », a-t-il déclaré lors de son allocution d’ouverture au débat général de la 81e session de l’Assemblée générale. « Les lignes de fracture de notre monde s’élargissent. Les fissures sont devenues des canyons », a-t-il constaté, identifiant, à ce propos, « trois grands bouleversements en matière de pouvoir : l’émergence de nouveaux centres d’influence économique, politique et technologique parmi les Etats, le transfert de pouvoir des gouvernements vers de puissantes entreprises et des individus, et des humains vers des machines, telles que l’intelligence artificielle ».
Il a attiré l’attention sur le fait que les institutions mondiales reflétaient encore « les réalités et les intérêts du pouvoir d’une époque largement révolue », estimant qu’il était désormais temps de réformer le Conseil de sécurité. Il a insisté sur la nécessité d’un monde fondé sur l’interdépendance, le droit international et des règles partagées plutôt que sur la fragmentation en blocs rivaux. Il a plaidé, dans ce contexte, pour une « multipolarité en réseau ».
La guerre, les inégalités, le changement climatique et l’IA représentent, a-t-il expliqué, les quatre grands défis à relever et qui façonneront de manière durable l’avenir de l’humanité. Concernant la question de la crise climatique, M. Guterres a exhorté tous les gouvernements à « adopter des plans de transition pour abandonner les combustibles fossiles conformément à l’objectif de 1,5 degré », appelant les pays développés à « accroître leur soutien aux nations vulnérables ».
Sur un autre plan, il a estimé que l’IA ne représentait pas un danger en tant que technologie, mais que c’était surtout l’utilisation de la technologie sans responsabilité qui pouvait être dangereuse. Il a rappelé, en outre, que la Charte des Nations unies « ne laisse aucune place à une lecture sélective » avertissant que « prétendre que la paix peut être dissociée de la dignité, des opportunités et des droits est une illusion inacceptable ».
« Notre avenir commun se forgera selon la capacité de l’humanité à exercer le pouvoir avec sagesse », a assuré le Secrétaire général de l’ONU. « Le plus grand pouvoir n’est pas celui de dominer, mais celui de construire un avenir qui profite à tous », a-t-il conclu.
(APS)



