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Le président algérien appelle à annuler ou à convertir la dette des pays les plus pauvres en investissements directs et rentables

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a renouvelé ce samedi son appel à traiter de toute urgence le problème du poids de la dette et de ses services pour les pays en développement et les plus pauvres, via une approche incluant l’annulation partielle ou la conversion de cette dette en investissements directs et rentables dans ces pays.

Dans un message adressé aux participants du sommet du G20 à Johannesburg, en Afrique du Sud, lu par le Premier ministre Sifi Ghrieb, le président algérien a exprimé sa gratitude pour l’invitation adressée à l’Algérie, en tant que pays invité, par le président sud-africain Cyril Ramaphosa. Le président Tebboune a salué dans son allocution les efforts déployés par la présidence sud-africaine pour préparer ce sommet, à travers de nombreuses réunions ministérielles et sessions d’experts ayant abordé de nombreuses questions sensibles et importantes liées aux priorités du G20.

« Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a déclaré que cette réunion intervient dans un contexte où notre monde est aujourd’hui confronté à des défis extrêmement complexes sur les plans politique et économique ; des défis dont la non‑prise en charge ou la persistance pourrait affecter l’harmonie mondiale, en ayant des répercussions directes et indirectes sur tous les pays, quels que soient leurs niveaux de croissance. Cela exige de nous l’unification des efforts pour y faire face avec des idées innovantes et des initiatives précises et globales.

Il a ajouté qu’il n’est pas surprenant que la pauvreté, le chômage, les inégalités, les disparités en matière de développement et de richesses dans de nombreux pays, en particulier en Afrique, ainsi que les crises structurelles liées au changement climatique, au manque d’énergie, aux questions de sécurité alimentaire et aux niveaux sans précédent d’endettement des pays à faible revenu, soient des sujets majeurs, car ils constituent des dangers menaçant la communauté internationale.

« Il nous impose de continuer à réfléchir à des plans et initiatives internationales fondés sur la solidarité, afin d’aboutir à des résultats concrets et tangibles répondant aux aspirations de nos peuples, notamment ceux des pays les plus pauvres qui attendent de nous un soutien effectif », a-t-il souligné.

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a souligné qu’il apparaît clairement aujourd’hui que, malgré les efforts fournis et les résultats obtenus grâce au travail acharné des Nations unies, le chemin reste long pour atteindre les objectifs de développement souhaités par les peuples du monde, en particulier les plus pauvres et les moins avancés.

Il a rappelé que « à cinq ans de l’échéance de 2030 fixée par le système des Nations unies pour atteindre les Objectifs de développement durable, ces objectifs restent largement hors de portée ; seuls 12 % sont en voie d’être réalisés, tandis que la moitié d’entre eux rencontre de grandes difficultés nécessitant une mobilisation plus large pour les atteindre ».

Le président a de nouveau salué les priorités définies par l’Afrique du Sud, pays présidant le G20, pour trouver des solutions et des résultats réalistes et tangibles aux défis auxquels nos pays sont confrontés aujourd’hui, afin de commencer une nouvelle ère marquée par un partage du développement et de la croissance entre tous les États, en particulier les pays les plus pauvres et ceux confrontés à la sécheresse et à la désertification en Afrique.

Le président algérien a déclaré que le G20 représente un moteur des transformations mondiales globales, et nous sommes honorés que le président Ramaphosa soit la voix forte de l’Afrique pour mobiliser les ressources nécessaires et travailler avec les partenaires du G20 afin d’accorder une attention particulière à notre continent. Nous sommes convaincus que l’augmentation des taux de développement dans les pays africains est étroitement liée à la stabilité, à la paix et au développement, et qu’elle va de pair avec la réduction de l’émigration vers les pays économiquement avancés, ainsi que la résolution des conflits au sein du continent africain, souvent causés par la pauvreté et l’exclusion

En évoquant les Objectifs de développement durable des Nations unies, le président Abdelmadjid Tebboune a souligné que l’Algérie a accompli des progrès significatifs dans leur mise en œuvre et n’a jamais hésité à tendre la main aux pays du Sahel africain, dans le cadre d’une coordination régionale et internationale, notamment via l’Agence algérienne de coopération et de solidarité internationale, à travers des projets de développement pour lesquels l’Algérie a consacré un budget considérable.

L’Algérie a effacé la dette de 18 pays africains pour alléger leur fardeau

Le président, Abdelmadjid Tebboune, a renouvelé son appel à traiter de toute urgence le problème du poids de la dette et de ses services pour les pays en développement et les plus pauvres, via une approche incluant l’annulation partielle ou la conversion de cette dette en investissements directs et rentables, tout en tenant compte de la nécessité de corriger les complexités techniques liées à l’évaluation des risques, par le biais de réformes profondes permettant de trouver une issue pour les pays écrasés par la dette souveraine. Il a souligné qu’en ce sens, l’Algérie a pris l’initiative d’effacer la dette de 18 pays africains afin d’alléger le fardeau de l’endettement de ces pays frères.

Le président algérien a annoncé que l’Algérie joignait sa voix à celles des pays appelant à réformer les organisations financières internationales dans une approche de gouvernance économique et financière saine, en révisant les mécanismes de prise de décision afin de garantir une représentation juste, équitable et transparente des pays en développement et du continent africain au sein des organes de gestion de ces institutions, en tenant compte du poids démographique et économique croissant de ces pays. Il a déclaré : « Cette exigence, présente à l’agenda de toutes les réunions et forums mondiaux, nous oblige aujourd’hui à franchir des étapes audacieuses pour la concrétiser sur le terrain.

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a souligné que l’Algérie, qui n’a cessé de plaider pour mobiliser les financements internationaux et rassembler les ressources afin de soutenir les efforts mondiaux permettant aux pays en développement et aux pays les plus pauvres d’accéder aux moyens et technologies de transition vers les énergies vertes, appelle à concrétiser des partenariats bilatéraux et internationaux entre les pays membres du G20 et les pays partenaires, axés sur la transition énergétique. Il a précisé : « Ensemble, nous pouvons réaliser un bond historique dans ce domaine ».

Il a ajouté que l’Algérie soutient toutes les initiatives visant à accroître les financements destinés à la prévention des risques majeurs et à la réponse rapide aux catastrophes. Le président a également appelé à encourager les institutions financières et les banques internationales à envisager un mécanisme de financement activable à la demande d’un pays affecté, précisant : « Les expériences nous ont appris qu’aucun pays n’est à l’abri d’une catastrophe sur son territoire, ce qui exige une réponse nationale et internationale rapide pour prendre en charge les victimes ». Il a conclu que les institutions financières et les banques internationales sont invitées à réfléchir à un mécanisme de financement spécifique à la réponse rapide aux catastrophes, activable si un pays sinistré en fait la demande.

Le président Abdelmadjid Tebboune a exprimé l’accueil favorable de l’Algérie à l’adhésion de l’Union africaine au G20, déclarant : « Nous sommes convaincus que cette adhésion contribuera à défendre les intérêts du continent africain dans les forums internationaux et permettra au monde et aux pays les plus avancés de mieux comprendre la vision de l’Afrique sur les questions économiques internationales, notamment en matière de financement du développement, d’accès aux marchés mondiaux et de transfert de technologies ».

Il a ajouté : « Le partenariat gagnant-gagnant entre l’Afrique et le G20 trouvera sa place naturelle au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), qui revêt une importance particulière pour les pays africains en termes de promotion de l’intégration et de la coopération régionales, ainsi que du développement d’une croissance inclusive et durable pour le continent ».

Le président a poursuivi : « Mon pays se joint aux appels internationaux en faveur de la lutte contre les flux financiers illicites provenant d’Afrique et pour une exploitation équitable des ressources minérales afin de soutenir le développement des pays africains, ces ressources étant situées sur le sol africain et revenant avant tout aux Africains ».

Le président Tebboune annonce l’engagement de l’Algérie à se joindre à toute initiative du G20 en faveur du peuple palestinien

Par ailleurs, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a indiqué dans son allocution, lue par le premier ministre, au sommet du G20 que le monde avait été témoin, pendant deux années consécutives, des atrocités commises contre les Palestiniens à Ghaza et en Cisjordanie, qualifiables uniquement de génocide systématique et complet contre le peuple palestinien. L’humanité est restée impuissante face à ces crimes et aux exactions perpétrées contre des civils innocents, et ni les nombreuses réunions du Conseil de sécurité ni les condamnations internationales n’ont pu stopper cette destruction et ces massacres horribles, malgré deux années de privations et de meurtres méthodiques.

Le président algérien a noté : « Aujourd’hui, avec un rayon d’espoir pour un avenir meilleur pour le peuple palestinien, permettez-moi de saluer les rôles importants joués par le Secrétaire général des Nations unies et par les pays épris de paix pour mettre fin au génocide à Ghaza. J’adresse également mes remerciements au président des États-Unis, M. Donald Trump, à l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, au président de la République d’Égypte, M. Abdel Fattah al-Sissi, et au président de la Turquie, M. Recep Tayyip Erdogan, pour leurs efforts soutenus qui ont permis de mettre fin à ce génocide tragique à l’encontre du peuple palestinien. »

Le président Abdelmadjid Tebboune a souligné que la destruction massive dans la bande de Ghaza nécessite la mobilisation de ressources à l’échelle internationale pour reconstruire ce que la guerre a détruit et redonner espoir au peuple palestinien meurtri. Il a affirmé : « Il est inévitable de souligner avec amertume que ce dont le peuple palestinien a subi est rarement observé dans l’histoire de l’humanité », exprimant l’espoir que les pays du G20 soient les premiers à lancer une mobilisation générale pour construire un avenir meilleur pour le peuple palestinien. Le président a confirmé que l’Algérie insiste pour annoncer son adhésion à toute initiative que le G20 pourrait prendre à cet égard.

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