Le Ghana accueille un sommet international sur les réparations liées à l’esclavage et au colonialisme

Le Ghana accueille à partir de mercredi un sommet international consacré aux réparations liées à l’esclavage et au colonialisme, réunissant pendant trois jours des experts, des ministres et des chefs d’Etat afin d’examiner les prochaines étapes d’une cause qui gagne en visibilité sur la scène internationale, rapportent des médias.
Cette rencontre intervient après l’adoption récente d’une résolution de l’ONU reconnaissant l’esclavage comme l’un des crimes les plus graves contre l’humanité. Les participants entendent désormais transformer les engagements politiques en actions concrètes.
La première journée est consacrée à des discussions techniques visant à harmoniser les approches et à définir les différentes formes que pourraient prendre les réparations. Les chefs d’Etat et de gouvernement doivent prendre part aux travaux jeudi et vendredi.
Les défenseurs de cette cause estiment que les séquelles de l’esclavage et du colonialisme demeurent visibles à travers les inégalités économiques, les discriminations raciales et les déséquilibres persistants dans les relations internationales.
Pour Samuel Okyere, maître de conférences à l’Université de Bristol et spécialiste des héritages de l’esclavage, « les réparations doivent passer par la lutte contre le racisme structurel, la reconnaissance des injustices historiques et une meilleure transmission de cette mémoire ».
Les débats portent notamment sur la restitution d’œuvres d’art, les investissements en faveur du développement, les programmes éducatifs, la reconnaissance officielle des préjudices subis ainsi que les excuses des Etats ayant participé ou profité de la traite négrière.
Le président ghanéen, John Mahama, chargé par l’Union africaine de porter ce dossier, considère que la question des réparations est liée à la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.
Lors d’une conférence de presse à Accra, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a qualifié le Ghana de « scène du crime », affirmant que le pays devait désormais devenir « un lieu de restauration et de guérison » pour les descendants des victimes de l’esclavage.
Le choix du Ghana pour accueillir ce sommet revêt une forte portée symbolique. Le pays abrite certains des principaux sites historiques de la traite transatlantique, notamment les châteaux de Cape Coast Castle et d’Elmina Castle, d’où des millions d’Africains ont été déportés vers les Amériques.
(APS)




