Algerie

L’Américaine Elaine Mokhtefi acquiert la nationalité algérienne, consécration de l’engagement de toute une vie

L’Américaine Elaine Mokhtefi, née Elaine Klein, a officiellement acquis la nationalité algérienne en vertu d’un décret présidentiel publié au Journal officiel n°55 du 27 juillet 2026, consacrant le parcours exceptionnel d’une militante anticolonialiste qui a consacré plus de six décennies à la défense de la Révolution algérienne et des luttes de libération à travers le monde.

Le décret présidentiel du 23 juillet 2026 stipule que « par décret présidentiel du 8 Safar 1448 correspondant au 23 juillet 2026, est naturalisée algérienne, dans les conditions prévues par les articles 11 (alinéa 1er) et 12 de l’ordonnance n°70-86 du 15 décembre 1970, modifiée et complétée, portant code de la nationalité algérienne, la dénommée Elaine Klein, née le 10 décembre 1928 à New York (États-Unis d’Amérique) ».

À l’âge de 97 ans, cette naturalisation vient reconnaître le parcours d’une personnalité dont le nom demeure intimement lié à l’histoire de l’Algérie indépendante et aux mouvements internationaux de libération.

Une militante engagée très tôt aux côtés de la Révolution algérienne

Née le 10 décembre 1928 à New York, Elaine Klein découvre la cause algérienne lors de son séjour à Paris dans les années 1950. Sensibilisée aux luttes anticoloniales, elle s’engage rapidement auprès des militants indépendantistes algériens.

En 1960, elle rejoint à New York le bureau du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et la mission du Front de libération nationale (FLN) auprès des Nations unies, mettant ses compétences de journaliste, de traductrice et sa parfaite maîtrise des langues au service de la diplomatie de la Révolution algérienne.

Son engagement la conduit également à Accra, au Ghana, aux côtés de Frantz Fanon, représentant de l’Algérie au Congrès de l’Assemblée mondiale de la jeunesse.

Une actrice de la construction de l’Algérie indépendante

Au lendemain de l’indépendance en 1962, Elaine Mokhtefi choisit de s’installer définitivement à Alger afin de participer à l’édification de la jeune République.

Elle travaille comme journaliste et traductrice à l’Agence Algérie Presse Service (APS), où elle couvre de nombreux événements internationaux liés aux mouvements du tiers-monde.

En 1972, elle épouse le moudjahid et écrivain Mokhtar Mokhtefi, ancien membre de l’Armée de libération nationale (ALN), dont elle portera désormais le nom.

Au cœur du rayonnement international d’Alger

Figure incontournable de cette période, Elaine Mokhtefi contribue activement à l’organisation du premier Festival culturel panafricain d’Alger en 1969, un événement historique qui fait de la capitale algérienne un haut lieu des mouvements de libération nationale.

Elle participe à l’accueil des délégations africaines engagées dans les combats pour l’indépendance, ainsi que de nombreuses personnalités révolutionnaires internationales. Elle entretient des relations avec plusieurs figures emblématiques, parmi lesquelles Frantz Fanon, Ahmed Ben Bella, Houari Boumédiène, Mohamed Sahnoun, Fidel Castro, Ho Chi Minh et les dirigeants de plusieurs mouvements de libération dans le monde.

Cette période contribuera à forger l’image d’« Alger, capitale de la révolution », devenue un symbole de solidarité avec les peuples en lutte contre le colonialisme, le racisme et l’oppression.

Une mémoire vivante de l’histoire contemporaine

En 2019, elle publie son ouvrage Alger, capitale de la révolution. De Fanon aux Black Panthers, dans lequel elle retrace cette période exceptionnelle de l’histoire contemporaine et témoigne du rôle joué par Alger comme carrefour des mouvements révolutionnaires du monde entier.

L’hommage du Festival international du film d’Alger

Réagissant à cette naturalisation, l’équipe du Festival international du film d’Alger (FAIFF) a exprimé, dans un communiqué publié ce mercredi 29 juillet 2026, « sa profonde fierté et sa vive émotion », qualifiant cette décision d’« hommage de la nation à une figure de la Révolution et des luttes anticoloniales ».

Le Festival rappelle qu’Elaine Mokhtefi est « une figure indissociable de la mémoire vivante de l’Algérie indépendante » et souligne son engagement « dès les pires heures de la guerre de Libération », ainsi que sa contribution à la construction culturelle et politique de l’Algérie après 1962.

Le FAIFF rappelle également lui avoir rendu un hommage exceptionnel lors de sa 12ᵉ édition, organisée du 4 au 10 décembre 2025 à Alger, où elle avait été accueillie en qualité d’invitée d’honneur. Un hommage porté notamment par Ahmed Bedjaoui, président d’honneur et membre fondateur du Festival, marqué par la célébration de son 97ᵉ anniversaire.

Une reconnaissance de la République

À travers cette naturalisation, l’Algérie rend hommage à une femme dont l’engagement en faveur de la Révolution algérienne et des causes de libération n’a jamais faibli.

Comme l’a souligné le Festival international du film d’Alger, cette décision « consacre l’appartenance de droit d’une femme d’exception qui n’a jamais cessé, depuis plus de six décennies, de porter haut les idéaux de liberté, de justice et d’émancipation des peuples ».

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