
La pandémie de nouveau coronavirus et une reprise économique inégale ont coûté au monde trois années de progrès en matière de développement, a estimé vendredi le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, lors de la 46e réunion annuelle des ministres des Affaires étrangères du Groupe des 77 et de la Chine.
Il a estimé que l’avancement des Objectifs de développement durable (ODD) a été sa priorité à l’occasion cette semaine du débat général de la 77e Assemblée générale de l’ONU, au cours de laquelle les dirigeants du monde entier convergent à New York pour discuter des solutions aux défis urgents
auxquels la communauté mondiale est confrontée.
M. Guterres a souligné que la crise ukrainienne a ajouté de « nouvelles turbulences » aux chaînes d’approvisionnement et aux marchés de l’énergie et de l’alimentation, « créant une crise sans précédent du coût de la vie » qui touche jusqu’à 1,7 milliard de personnes dans le monde.
Pour sauver les ODD, « les gouvernements doivent investir massivement dans leurs populations et dans les systèmes qui les soutiennent : santé, éducation, protection sociale, logement et travail décent », a-t-il exhorté, et cela nécessite aussi des « transitions majeures » dans les énergies renouvelables, les systèmes alimentaires et la connectivité numérique.
Constatant qu’à chaque fois, les pays en développement sont « bloqués dans leurs efforts pour investir dans la reprise et le développement », Antonio Guterres a déclaré qu’il s’agissait là d’un « impératif moral et pratique » et que cela devait changer.
Le secrétaire général de l’ONU a donc appelé à « une action urgente sur la dette pour augmenter les liquidités et alléger la pression sur les pays en développement ».
Il faut donc « augmenter les financements concessionnels des banques multilatérales de développement et réformer un système financier mondial moralement en faillite », mais aussi « équilibrer la balance entre les pays développés et les pays en développement et créer un nouveau système financier mondial qui profite à tous », a-t-il plaidé.
M. Guterres a également appelé à une « action urgente » sur le climat, notant qu’il n’oubliera jamais la « dévastation » dont il a été témoin au Pakistan, un événement inimaginable auparavant. Aussi a-t-il exhorté les pays développés à tenir leurs promesses et à soutenir les pays en développement à l’heure où ces derniers « s’adaptent à l’aggravation des impacts climatiques ».
Le chef de l’ONU a ajouté qu’ils devaient présenter des feuilles de route crédibles pour tenir leur promesse de 100 milliards de dollars par an et doubler le financement de cette adaptation à 40 milliards de dollars par an dans un premier temps, « car les besoins sont estimés à 300 milliards de dollars par an pour l’adaptation dans le monde en développement ».




