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« Honte et déliquescence morale! » : l’accélération de la normalisation avec l’entité sioniste fait monter la colère au Maroc

La nouvelle étape du rapprochement entre le Maroc et l’entité sioniste suscite une vive colère dans plusieurs villes du Royaume, où des voix dénoncent cette « déliquescence morale » du Makhzen, d’autant que cette évolution intervient à la veille de la commémoration des massacres de Sabra et Chatila. Des sit-in, des marches et d’autres actions de protestation sont annoncés les 25, 26 et 27 septembre à travers le pays.

La colère monte au Maroc face à l’accélération du processus de normalisation avec l’entité sioniste, alors que plusieurs organisations, partis politiques, militants des droits humains et collectifs anti-normalisation dénoncent l’élévation annoncée du niveau des relations diplomatiques au rang d’ambassades.

Sur les réseaux sociaux, des hashtags appelant au rejet de cette évolution se multiplient, tandis que des manifestations, marches et sit-in sont annoncés les 25, 26 et 27 septembre à travers le Royaume.

Cette nouvelle étape intervient alors que l’agression meurtrière et destructrice sioniste à Ghaza continue de susciter une forte mobilisation de l’opinion publique marocaine. Pour le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation, l’approfondissement des relations avec l’entité sioniste constitue une « escalade dangereuse » et une institutionnalisation accrue de la normalisation, alors que la priorité devrait être, selon lui, de mettre fin à l’agression contre les Palestiniens et de poursuivre les responsables des violations du droit international.

Le Front a appelé ses différentes sections et composantes à organiser des « manifestations de protestation, des marches et d’autres actions » les 25, 26 et 27 septembre. Il rejette notamment « la transformation des ambassades, des accords et des échanges économiques en instruments susceptibles de banaliser la réalité de l’occupation et ses conséquences ».

Sur les réseaux sociaux, la contestation prend également une dimension virale. Des internautes marocains ont relayé des slogans tels que : « Je suis Marocain, je refuse l’ouverture de l’ambassade des sionistes criminels dans mon pays », « Je suis Marocain, je demande l’annulation de la normalisation et l’expulsion des sionistes de mon pays » ou encore « Non à la normalisation – Expulsion des sionistes maintenant ».

Le Parti socialiste unifié (PSU) s’est lui aussi joint à cette contestation. Dans une publication sur sa page Facebook, la formation a dénoncé une « honte et [un] déshonneur », appelant à mettre fin à ce qu’elle qualifie d’« humiliation du peuple marocain ». Le parti affirme que celui-ci a exprimé à plusieurs reprises son opposition à la normalisation avec l’entité sioniste.

L’Instance marocaine de soutien aux causes de la Oumma a, pour sa part, dénoncé une « accélération » de la normalisation, alors que les tensions provoquées par les incursions répétées et provocatrices des colons sionistes autour de la mosquée Al-Aqsa persistent. Elle rejette l’élargissement des partenariats diplomatiques et économiques et appelle à la fermeture du bureau de liaison sioniste ainsi qu’à la rupture des différentes formes de coopération avec l’entité sioniste.

La Fédération marocaine des droits de l’Homme (FMDH) a également exprimé son « rejet catégorique » du processus de normalisation. Elle estime que l’intensification des relations diplomatiques, économiques et sécuritaires avec l’entité sioniste risque, selon son communiqué publié sur les réseaux sociaux, de contribuer à réduire son isolement international. La Fédération appelle les organisations politiques, syndicales, civiles, étudiantes et de défense des droits humains à coordonner leurs actions contre la « normalisation institutionnelle ».

Dans le même sens, BDS Maroc dénonce une nouvelle étape dans le processus engagé depuis 2020. Le mouvement souligne que l’annonce intervient à l’occasion du 44e anniversaire du massacre de Sabra et Chatila et critique notamment la perspective d’une représentation diplomatique au niveau des ambassades ainsi que la reprise des liaisons aériennes directes. « Nous ne normaliserons pas avec les criminels de guerre et nous ne resterons pas silencieux face à la trahison », affirme le mouvement dans son communiqué.

Le Groupe d’action nationale pour la Palestine estime également que le passage des bureaux de liaison aux ambassades constitue un « changement dangereux » dans la nature des relations. Il appelle à rompre toutes les formes de coopération avec l’entité sioniste et considère que la priorité devrait être donnée à la protection des civils palestiniens, à l’acheminement de l’aide humanitaire et à la mise en œuvre du droit international.

Cette contestation dépasse par ailleurs le cadre des organisations collectives. Le militant marocain des droits humains Mohammed Ghafri a dénoncé, dans une publication sur Facebook, une décision qui constitue une « nouvelle escalade » dans le processus de normalisation. Il estime que l’établissement de relations officielles avec l’entité sioniste ne peut être dissocié de ses implications politiques, juridiques et morales dans le contexte actuel.

Le journaliste marocain Ali Anouzla a, lui aussi, critiqué la manière dont l’annonce a été portée à la connaissance du public. Selon lui, l’information ayant d’abord été rapportée par des médias sionistes, l’absence de confirmation officielle marocaine au moment de sa publication soulève des interrogations sur la communication des autorités à l’égard de l’opinion publique marocaine.

La nouvelle démarche du Makhzen est, selon Ali Anouzla, un « message qui révèle l’ampleur du mépris et de l’humiliation que celui qui l’a prise voue au peuple marocain. Non pas simplement parce que celui-ci est le dernier informé — ce qui est devenu une habitude à laquelle les Marocains se sont résignés, même lorsqu’il s’agit des questions les plus élémentaires de leur vie —, mais parce qu’il y a une volonté persistante de les humilier et de défier leur volonté », a-t-il écrit sur sa page Facebook.

« Il est douloureux qu’une décision de cette nature soit prise précisément à ce moment par un État dont le souverain préside le Comité Al-Qods, alors que plusieurs pays européens, qui entretiennent avec l’entité sioniste des relations économiques et politiques plus étroites que celles du Maroc avec cet entité, ont annoncé des mesures visant le commerce des produits issus des colonies sionistes en Cisjordanie », a-t-il déploré.

(Al24News)

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