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Ghaza : l’OMS dénonce les délais et les restrictions sionistes qui continuent d’entraver l’acheminement de médicaments

Alors que les besoins médicaux à Ghaza restent immenses, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénonce les délais et les restrictions qui continuent d’entraver l’acheminement de médicaments, de prothèses et d’équipements indispensables dans l’enclave palestinienne.

Le cessez-le-feu a réduit les combats, mais n’a pas rendu à Ghaza un système de santé fonctionnel. Seuls 19 des 36 hôpitaux de l’enclave sont en partie en état de marche, selon l’OMS. Aucun d’entre eux ne fonctionne pleinement. Aux destructions accumulées depuis le début de la guerre s’ajoute désormais un autre obstacle.

La difficulté persistante à faire entrer le matériel nécessaire pour soigner les malades et remettre les établissements en état. Vendredi, la représentante de l’OMS dans le territoire palestinien occupé, Reinhilde Van De Weerdt, a dénoncé le système d’autorisation imposé par les autorités d’occupation. Selon l’agence onusienne, il faut en moyenne près de deux mois et demi pour obtenir le feu vert nécessaire à l’acheminement de certaines fournitures médicales. Lorsqu’une demande est rejetée, la procédure doit recommencer.

« Un camion rempli de fournitures non prioritaires ou l’arrivée trop tardive des fournitures nécessaires ne sauve pas de vies », a-t-elle déclaré lors d’un point de presse de l’ONU à Genève. Le problème ne tient donc pas seulement au volume de l’aide qui entre dans Ghaza, insiste l’OMS, mais à sa nature et au moment où elle parvient aux soignants. Pour certaines catégories de matériel, les obstacles sont très importants. Les équipements de laboratoire et de diagnostic sont particulièrement touchés : 40 % restent actuellement bloqués dans l’attente d’une autorisation.

Les appareils de radiographie et de stérilisation rencontrent eux aussi des difficultés. Quant aux kits sanitaires préemballés de l’OMS, qui regroupent différents produits médicaux destinés aux situations d’urgence, ils enregistrent, selon l’agence, le taux d’autorisation le plus faible parmi les fournitures qu’elle tente d’acheminer dans l’enclave. « Le système d’autorisation ne cesse d’évoluer « , a déploré la Dre Van De Weerdt.

« De nouvelles exigences sont régulièrement ajoutées, souvent sans explication claire. Le nombre d’étapes administratives s’est accru au fil du temps sans que cela se traduise par une amélioration de la fluidité ou de la prévisibilité de l’entré e des fournitures à Ghaza », a-t-elle ajouté.

L’OMS réclame depuis des mois la levée de ces restrictions. Début septembre, son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, indiquait notamment que l’organisation n’avait pas été autorisée à faire entrer à Ghaza des prothèses et du matériel de réadaptation depuis plus de deux ans. Seule une faible proportion des personnes amputées avait ainsi pu être appareillée. Le cas d’un chargement de prothèses et d’aides à la mobilité illustre la longueur de ces procédures.

Au cours des six derniers mois, son entrée à Ghaza a été refusée à quatre reprises. « Chaque refus signifie un nouveau retard pour une personne qui a déjà perdu un membre et qui attend simplement de pouvoir remarcher », a souligné la représentante de l’OMS. Même une autorisation ne garantit pas que le matériel parviendra rapidement à destination.

D’autres contrôles interviennent avant le passage de la frontière et certains chargements peuvent encore être refusés au point d’entrée après avoir reçu un premier feu vert. Ces délais ont des conséquences particulièrement lourdes pour les médicaments.

Chaque journée passée dans un entrepôt ou en transit les rapproche de leur date de péremption et accroît le risque que certains équipements soient détériorés avant d’arriver dans les établissements qui les attendent. La question est d’autant plus pressante que les besoins médicaux restent considérables.

Des milliers de Palestiniens souffrent de blessures nécessitant des soins de longue durée ou une réadaptation, tandis que les pénuries continuent de toucher les médicaments essentiels, les diagnostics et les équipements hospitaliers.

(APS)

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