« GenZ 212 » de retour dans les rues marocaines pour une nouvelle vague de mobilisation

Le mouvement de contestation lancé par des jeunes Marocains, baptisé GenZ 212, a fait savoir qu’il organisera de nouvelles manifestations pacifiques les 25 et 26 octobre 2025 dans plusieurs villes du royaume, dont Rabat, Casablanca, Tanger et Fès.
Dans un communiqué publié le vendredi 23 octobre 2025, le mouvement a précisé que cette initiative s’inscrit dans la « continuité de la mobilisation pacifique qu’il mène pour défendre des revendications populaires partagées par de nombreux Marocains, toutes catégories et générations confondues ».
Les jeunes Marocains appellent à une amélioration des services publics de santé et d’éducation, tout en exigeant la libération des manifestants emprisonnés. Ils dénoncent par ailleurs la priorité accordée par le gouvernement aux projets d’infrastructures sportives liés à la Coupe d’Afrique des Nations et à la Coupe du monde 2030, au détriment des besoins sociaux urgents.
Malgré les promesses exprimées par le gouvernement marocain en faveur de leurs revendications, le collectif estime que les avancées demeurent « insuffisantes », notamment « en raison de l’absence de dispositifs clairs et de mesures concrètes pour combattre la corruption, prévenir les conflits d’intérêts et garantir une réelle reddition des comptes ».
Ils ont également exigé la libération immédiate des plus de 400 personnes arrêtées dans le cadre des manifestations GenZ, dont les 17 accusés d’Agadir qui ont été récemment condamnés à un total de 162 ans de prison.
La capitale marocaine Rabat avait déjà accueilli une manifestation le samedi 18 octobre 2025, marquant la reprise de la mobilisation après une période de calme. Devant le Parlement, des centaines de jeunes se sont réunis pacifiquement pour revendiquer des réformes sociales et économiques, en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé, tout en appelant à la démission du gouvernement d’Aziz Akhannouch.
Le mouvement a appelé à élargir la mobilisation à l’ensemble des villes marocaines et à diversifier les formes de pression, en combinant actions sur le terrain et initiatives symboliques, telles que le boycott des produits des entreprises détenues par les hommes d’affaires proches du Makhzen ou de matchs de football, afin d’intensifier la pression populaire sur le gouvernement.
La colère des jeunes Marocains s’est intensifiée, en particulier après le décès tragique de huit femmes lors d’un accouchement dans un hôpital public à Agadir, un drame qui a ravivé les critiques sur les défaillances du système de santé marocain.
Les inégalités entre l’enseignement public et privé ont également été vivement dénoncées, notamment le comportement de certains responsables politiques marocains qui inscrivent leurs enfants dans des établissements privés tout en étant chargés de gérer l’école publique.
(Al24News)



